
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement lancé les travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe, le 8 juin 2026, à Nyonie, dans le département du Komo-Océan. Derrière cette cérémonie se dessine bien plus qu’un simple projet portuaire, il s’agit ici de faire entrer le gigantesque gisement de fer de Belinga dans une nouvelle phase de développement et de faire du Gabon un acteur industriel et logistique de premier plan en Afrique centrale.
Fruit d’un partenariat entre l’État gabonais, Africa Global Logistics (AGL) et Algest Investment Bank, le projet comprend la construction d’un port minéralier en eau profonde sur 500 hectares, quatre postes à quai, un chemin de fer de 535 kilomètres reliant Belinga à la côte atlantique ainsi qu’un barrage hydroélectrique de 400 mégawatts à Booué. A terme, l’ensemble devra permettre l’exploitation et l’exportation du minerai de fer de Belinga, dont la capacité de production est estimée à 100 millions de tonnes par an.
Outre le lancement du port, l’avancement concret du projet Belinga retient l’attention. Longtemps présenté comme l’un des plus importants gisements de fer d’Afrique, Belinga se heurtait jusqu’ici à un obstacle majeur : l’absence d’infrastructures capables d’acheminer et d’exporter le minerai. Avec Kobe-Kobe, le Gabon entend désormais relier extraction, transformation, transport ferroviaire et exportation dans une même chaîne de valeur. Une approche qui répond à la volonté affichée des autorités de faire des ressources naturelles un levier d’industrialisation plutôt qu’une simple source d’exportation brute.
Les retombées économiques annoncées sont considérables. Selon les projections présentées lors de la cérémonie, le projet pourrait générer plus de 9 000 emplois directs et près de 100 000 emplois indirects d’ici 2030. Au-delà de l’emploi, les autorités misent sur l’émergence d’un véritable corridor industriel capable de dynamiser plusieurs secteurs de l’économie nationale, des transports à l’énergie en passant par les services.
Par l’ampleur des investissements mobilisés et la diversité de ses partenaires internationaux, le complexe de Kobe-Kobe apparaît comme l’un des projets structurants les plus ambitieux engagés ces dernières années au Gabon. Reste désormais l’étape la plus décisive : transformer les promesses en réalisations concrètes. Car si le lancement des travaux marque un tournant, c’est leur aboutissement qui dira si Belinga peut enfin devenir le moteur industriel que le pays attend depuis plusieurs décennies.
Christelle Besseghe



