Agriculture
Ensilage : l’urgence d’un encadrement réglementaire pour garantir la qualité du fourrage.
Ensilage : l’urgence d’un encadrement réglementaire pour garantir la qualité du fourrage.

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) Présentée comme une solution efficace pour lutter contre les déficits alimentaires du bétail, la pratique de l’ensilage connaît un intérêt croissant dans les zones d’élevage.
Cependant, des acteurs du secteur estiment que cette activité doit impérativement être mieux encadrée afin d’éviter les dérives susceptibles de compromettre la santé animale et les efforts consentis pour améliorer l’alimentation du cheptel.
Selon plusieurs spécialistes, l’ensilage est une technique qui exige le respect de normes rigoureuses à toutes les étapes de sa réalisation. De la récolte des matières premières au stockage, en passant par le compactage et la conservation, chaque opération doit répondre à des critères précis pour garantir un fourrage de qualité.
« L’ensilage ne doit pas être pratiqué de manière anarchique. Tout le monde ne peut pas s’improviser producteur d’ensilage sans formation ni contrôle », avertissent certains professionnels du secteur. Ils plaident pour la mise en place d’un cadre réglementaire définissant les conditions de production, de stockage et de commercialisation de l’ensilage.
À défaut d’une telle réglementation, les risques sont importants. Une mauvaise maîtrise des techniques de conservation peut entraîner la détérioration du fourrage, le développement de moisissures ou de bactéries nocives et, dans certains cas, provoquer des problèmes sanitaires pouvant affecter le cheptel. Dans les zones où les normes ne sont pas respectées, des cas de mortalité animale liés à la mauvaise qualité du fourrage ont déjà été signalés.
Les experts recommandent également un renforcement des contrôles de qualité.
Avant toute commercialisation, des analyses devraient être effectuées dans des laboratoires spécialisés afin de vérifier notamment le taux d’humidité, la qualité nutritionnelle, l’absence de contaminants et les éventuels risques d’infection.
Plusieurs personnes s’adonnent à la pratique sans précautions préalables en termes de connaissances,d’analyses bromatologiques et qui veulent le commercialiser à tort.
Ces contrôles permettraient de protéger les éleveurs tout en garantissant la disponibilité d’un aliment sain et performant pour le bétail.
Au-delà de son encadrement, l’ensilage mérite d’être valorisé comme un outil stratégique de sécurisation de l’alimentation animale. Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et la récurrence des déficits fourragers, cette technique contribue à réduire les périodes de soudure et à améliorer la productivité des élevages.
Pour les acteurs de la filière, la réussite de cette dynamique passe donc par une combinaison de réglementation, de formation, de contrôle qualité et de sensibilisation. L’objectif est de faire de l’ensilage un véritable levier de développement de l’élevage, tout en préservant la santé du cheptel et la confiance des producteurs.
Un tel chantier devrait étre laissé à l’appréciation des nouveaux ministres en charge de l’Agriculture de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage et ministre en charge de l’Elevage )
Babacar sene journal Agropasteur



