Gabon / Affaire Bilie-By-Nze : Ensemble pour le Gabon dénonce un « procès de la parole libre » et exige sa libération immédiate
Gabon / Affaire Bilie-By-Nze : Ensemble pour le Gabon dénonce un « procès de la parole libre » et exige sa libération immédiate

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le parti politique Ensemble pour le Gabon (EPG) est monté au créneau le 3 mai 2026 pour contester vigoureusement le maintien en détention de son leader, Alain-Claude Bilie-By-Nze. Lors d’une déclaration officielle lue par son vice-président, Théophile Makita Niembo, EPG a fustigé les multiples entorses aux règles de procédure et réclamé la libération sans condition de l’ancien Premier ministre, incarcéré depuis le 16 avril dernier.
Cinquante jours après ce que le parti qualifie de « kidnapping » suivi d’un placement sous mandat de dépôt, la colère et l’incompréhension prédominent dans les rangs d’Ensemble pour le Gabon. La décision rendue le 2 juin 2026 par la chambre d’accusation de la cour d’appel judiciaire de Libreville, rejetant la requête en nullité de la procédure et la demande de mise en liberté, a mis le feu aux poudres.
Au cœur du litige, le non-respect des délais impératifs dictés par l’article 96 du Code de procédure pénale, une entorse que la justice aurait choisi d’ignorer selon les leaders du parti. Désormais, le traitement judiciaire infligé au principal opposant politique du pays fait craindre une dérive arbitraire, jetant une ombre sur la promesse de restauration des institutions formulée lors du changement de régime en août 2023.
Pour les cadres d’Ensemble pour le Gabon, les griefs juridiques masquent à peine une volonté de neutralisation politique. « De plus en plus de Gabonais ont le sentiment qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze est moins poursuivi pour ce qu’il aurait fait que pour ce qu’il présente », a martelé Théophile Makita Niembo.
Le parti soutient que l’ancien chef du gouvernement paie le prix de sa posture critique vis-à-vis des autorités en place à Libreville . « Son tort semble être d’avoir refusé le silence », a insisté le vice-président, ajoutant que « son tort semble être d’avoir continué à parler lorsque d’autres se taisaient. Son tort semble être d’avoir continué à interpeller les autorités lorsque beaucoup renonçaient à le faire. Son tort semble être d’avoir porté un langage de vérité dans une société où les citoyens sont trop souvent invités à croire plutôt qu’à vérifier, à espérer plutôt qu’à constater ».
Cette nouvelle prise de position d’EPG replace l’affaire Bilie-By-Nze au centre du débat sur l’état de droit et l’indépendance de la justice au Gabon. En qualifiant cette détention de « juridiquement injustifiable et politiquement incompréhensible », le parti politique appelle à la mobilisation de tous les démocrates, estimant que l’issue de ce dossier scellera la crédibilité des institutions nationales.
Vigny Ngami-Tsiba



