Gabon : la défense d’Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonce une détention « nulle » et politique
Gabon : la défense d'Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonce une détention « nulle » et politique

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’ancien Premier ministre et principal opposant gabonais, arrêté le 15 avril dernier pour des faits datant de 2008, reste incarcéré à la prison centrale de Libreville. Son collectif d’avocats, dans un communiqué publié le 3 juin 2026, exige sa libération immédiate, affirmant que les multiples violations des délais légaux par les magistrats annulent purement et simplement la procédure en cours.
La défense d’Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonce une incarcération dictée par « une logique politique orchestrée avec la complicité des plus hauts magistrats du Gabon ». Face à cette situation, les avocats ont internationalisé le dossier en saisissant l’ONU, la Commission africaine des droits de l’homme, ainsi que les autorités politiques françaises.
Au cœur de la contestation actuelle figure le non-respect de l’article 96 du Code de procédure pénale gabonais. Les conseils de l’opposant soutiennent que le juge d’instruction Wilfried Adjondo, puis la Chambre d’accusation de la cour d’appel de Libreville, composée des magistrats Ovangue Iguendja, Danielle Antsouo Aboudou et Elsa Biyeghe Bicke, ont laissé expirer les délais légaux pour répondre à leurs demandes d’interrogatoire. Malgré une saisine du Procureur général Eddy Minang et le rejet final de leur recours le 2 juin, les avocats persistent : « Monsieur Alain-Claude BILIE-BY-NZE est aujourd’hui maintenu en détention alors même que la procédure ayant servi de fondement à sa privation de liberté est atteinte de nullité ».
Pour le collectif de défense, l’enjeu dépasse désormais le simple cadre individuel et interroge directement l’indépendance du pouvoir judiciaire à Libreville. Les avocats avertissent que l’avenir des institutions est en jeu, affirmant que « ce qui se joue désormais est la survie même de l’État de droit au Gabon. À travers cette procédure, c’est la justice gabonaise elle-même que l’on étouffe ».
Vigny Ngami-Tsiba



