Gabon : Maître Marlène Fabienne Essola Efountame fustige un « scandale foncier, moral et institutionnel » autour du siège de l’UDB
Gabon : Maître Marlène Fabienne Essola Efountame fustige un « scandale foncier, moral et institutionnel » autour du siège de l'UDB

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le projet d’édification du siège de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) sur les terrains déguerpis de Plaine Orety et de l’arrière de l’Assemblée nationale suscite une vive réprobation au sein de la classe politique. Dans une tribune particulièrement virulente publiée sur ses réseaux sociaux, Maître Marlène Fabienne Essola Efountame, conseil juridique et femme politique, dénonce avec force l’attribution de ce site déclaré d’utilité publique au parti au pouvoir, y voyant un glissement dangereux vers la résurgence d’un Parti-État.
Au cœur de cette contestation figure le drame humain des familles dépossédées de leurs logements lors des opérations de déguerpissement menées en 2025. Maître Essola Efountame pointe du doigt l’incohérence entre les motifs invoqués pour ces expulsions et l’affectation finale des parcelles libérées. « Des familles entières ont été dépossédées de leur humanité, expropriées par la puissance publique, illégalement, pour cause d’utilité publique, mais apprendre aujourd’hui que cette expropriation est en réalité pour cause d’utilité partisane m’afflige », dénonce-t-elle.
Sur le plan juridique et institutionnel, le texte met en lumière un conflit d’intérêts direct au sommet du secteur foncier. Le signataire de la communication de l’UDB du 24 octobre dernier, tentant de justifier la régularité de l’acquisition, cumule les fonctions de Secrétaire général du parti et de ministre de l’Habitat. « Comment garantir une once d’impartialité et de transparence lorsque l’autorité de l’État chargée de l’aménagement du territoire s’attribue, sous sa casquette partisane, les terrains qu’elle a elle-même purgés de ses citoyens ? », s’interroge la juriste.
Cette confusion entre le patrimoine national et les intérêts d’une formation politique fait craindre un recul démocratique et un retour à des pratiques autrefois décriées. Pour la femme politique, la puissance publique ne saurait être détournée au profit d’une seule écurie politique au mépris du droit domanial et de l’intérêt général. « On ne peut prétendre « bâtir le Gabon » en détruisant la vie des Gabonais », rappelle avec fermeté Maître Essola Efountame.
Face à ce qu’elle qualifie de rupture morale, la juriste et femme politique exige des explications claires et indépendantes de la part du gouvernement sur les conditions d’attribution de ce terrain et sur la finalité réelle des déguerpissements. Cette sortie, comme bien d’autres sur le sujet, remet au centre du débat public l’impératif de séparation entre les affaires de l’État et les ambitions partisanes, à un moment où la redevabilité des institutions demeure sous l’observation attentive des citoyens.
Vigny Ngami-Tsiba



