
AFRICALEADNEWS – (Gabon) La Coalition des organisations de la société civile gabonaise demande l’interpellation du Vice-Président du Gouvernement et du ministre de l’Habitat devant les députés suite à l’octroi d’une parcelle à l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le parti au pouvoir, sur le site de Plaine Orety. Cette zone, déclarée d’utilité publique, avait pourtant donné lieu au déguerpissement de nombreuses familles en 2025, ce qui suscite aujourd’hui une vive indignation et pose de sérieuses questions sur la gestion du patrimoine foncier de l’État.
L’affaire alimente les débats depuis plusieurs jours. L’UDB projette en effet d’édifier un immeuble de douze étages (R+12) à l’endroit même où des citoyens ont été expulsés. Face à la vague de réactions, le Secrétariat général du parti au pouvoir a tenté de rassurer en affirmant que le terrain avait été acquis régulièrement auprès des autorités compétentes. Une justification qui est loin d’apaiser les esprits. « C’est avec une profonde consternation que la Coalition des organisations de la société civile gabonaise a appris la construction du siège de l’Union démocratique des bâtisseurs sur le site de Plaine Orety », indique l’organisation dans sa communication, ce 30 octobre 2026.
Pour la coalition, cette opération soulève des doutes légitimes quant à d’éventuels conflits d’intérêts, d’autant que le Secrétaire général de l’UDB occupe simultanément des fonctions de ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre. « La perspective de voir un parti politique obtenir une parcelle sur ce site soulève de sérieuses questions quant aux conditions d’attribution des terrains, à la gestion du domaine public et au respect du principe d’égalité devant l’administration », soutient la coalition.
S’appuyant sur les prérogatives de contrôle parlementaire inscrites dans la constitution, les signataires, parmi lesquels le Copil citoyen, SOS Prisonniers Gabon ou la Ligue nationale des droits humains, exigent la publication de l’ensemble des actes administratifs ayant permis cette cession. Ils sollicitent également la suspension provisoire du chantier et demandent des comptes sur la situation sociale des anciens occupants. « Comment expliquer aux populations qui ont été déguerpies de cette zone qu’un parti politique puisse aujourd’hui y entreprendre la construction de son siège ? », s’interrogent les membres de la coalition.
En portant cette affaire sur la place publique et devant la représentation nationale, les acteurs de la société civile entendent rappeler que les biens de l’État doivent servir l’intérêt général et non des ambitions partisanes. Il appartient désormais aux députés de décider s’ils donneront suite à cette demande de contrôle démocratique.
Vigny Ngami-Tsiba



