[Editorial] Sécurité alimentaire au Gabon : assez de comédie, place au grand nettoyage à l’Agasa !
[Editorial] Sécurité alimentaire au Gabon : assez de comédie, place au grand nettoyage à l'Agasa !

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’assiette des Gabonais est prise en otage par un vaudeville managérial à l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa). Entre un Directeur général perdu dans ses guerres virtuelles sur les réseaux sociaux et un ministre de l’Agriculture réduit au rôle de figurant muet, l’institution s’effondre sous le poids de luttes de clans fratricides qui menacent directement la santé publique.
Cette crise manifeste a justifié la tenue, le 13 juillet 2026, d’une réunion de crise convoquée et organisée par le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault. Face à un directeur général, Jean Delors Biyogue, déconnecté des réalités et obsédé par sa communication défensive, et une direction adjointe engagée dans une fronde ouverte, le numéro deux de l’exécutif a vertement sermonné les dirigeants de l’AGASA. À ses côtés, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a assisté au déballage de ce naufrage. Un ministre de tutelle resté muet comme une carpe depuis que cette situation intolérable perdure à l’AGASA, laissant planer le doute : impuissance avérée devant la toute-puissance d’une direction qui se saborde, ou simple incompétence ?
Rappelant la mission de cette institution en déroute, Hermann Immongault a d’abord recadré les rôles en soulignant, au cours de cette séance, que « l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire est chargée d’assurer la sécurité alimentaire des populations vivant sur le territoire gabonais ». Ce rappel à l’ordre jette une lumière crue sur les dérives d’un management qui préfère s’autodéchirer et multiplier les règlements de comptes internes plutôt que de veiller aux contrôles sanitaires sur le terrain. L’AGASA ne protège plus, elle menace.
Cette défaillance d’une gravité exceptionnelle entache l’image des institutions à tel point que le vice-président du Gouvernement a poursuivi son recadrage en insistant sur le fait que « tout ce qui se dit, tout ce qui s’y fait n’est pas à l’image de ce qu’est la Ve République, et ne participe pas aux objectifs qui doivent être atteints par le gouvernement », avant de conclure sur une même note de fermeté : « Nous parlons de la sécurité alimentaire. Tout ce qui est contre-productif vous éloigne de cet objectif ». Des propos qui traduisent l’exaspération face à une équipe dirigeante ayant transformé un service public de premier ordre en un champ de bataille pour des positions personnelles.
La simple réprimande verbale s’apparente désormais à une complicité passive. L’heure n’est plus à l’observation ou aux vaines mises en garde, mais à l’assainissement radical d’une maison devenue insalubre. Hermann Immongault a d’ailleurs lui-même posé le diagnostic final. « Vous en êtes rendus au point où vous constituez même une source d’insécurité pour les Gabonais », a-t-il martelé. Dès lors que l’AGASA met en péril la salubrité de l’assiette de toute la maison Gabon, il ne s’agit plus de taper du poing, mais bien de renverser la table. Le gouvernement doit faire preuve de courage politique en procédant au limogeage immédiat de cette équipe défaillante. Les Gabonais observent et attendent désormais que l’on congédie ces décideurs « immatures », manifestement plus occupés par leurs guerres intestines qu’à veiller sur la sécurité de leur assiette.
Vigny Ngami-Tsiba



