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Gabon : Rapport national sur le développement humain 2026, le paradoxe de la pauvreté

Gabon : Rapport national sur le développement humain 2026, le paradoxe de la pauvreté

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le Gabon vient de publier son Rapport national sur le développement humain (RNDH) 2026, sous l’égide du ministère de la Planification et de la prospective avec l’appui du PNUD. Une première depuis près de vingt ans qui marque un tournant politique. Dans une analyse publiée sur ses réseaux sociaux le 8 juillet 2026, l’experte en gouvernance sociale Irina Paceli Koumba, qui prend la plume sous le pseudonyme de « Mam Kumb », estime que ce document brise les tabous sur la redistribution des richesses et impose une refonte urgente de l’action publique.

Sur le plan purement statistique, le Gabon se maintient en tête d’affiche régionale avec un Indice de développement humain (IDH) de 0,733, se classant premier d’Afrique centrale. Une performance portée par des gains nets en espérance de vie et en scolarisation depuis 1990.

Pourtant, cette vitrine cache un appauvrissement global des ménages, marqué par une chute de 31% du revenu national brut par habitant sur la même période. « Le pays progresse dans les statistiques de santé et d’éducation, mais s’appauvrit dans la poche de ses citoyens », constate avec gravité Irina Paceli Koumba.

Cette réalité se traduit par un taux de pauvreté de 33,4% à l’échelle nationale, avec des pointes dramatiques à plus de 77% dans la province de la Nyanga. Le chômage, quant à lui, asphyxie une jeunesse prise au piège de formations inadaptées aux besoins des entreprises. « Notre système éducatif, jugé trop généraliste, forme des jeunes dont les compétences ne correspondent pas aux besoins du secteur productif », déplore l’experte en gouvernance sociale.

Pour Irina Paceli Koumba, le diagnostic global du document met en lumière un échec structurel de l’État. « La richesse existe, mais elle ne se transforme pas en bien-être », tranche-t-elle, rappelant que les premières victimes de ce système restent les femmes, les jeunes et les provinces éloignées.

Pour inverser cette courbe, l’analyse propose d’abord une restructuration de l’enseignement technique. « Plutôt qu’un enseignement général déconnecté, il faut multiplier les filières techniques courtes et certifiantes », préconise Mam Kumb. Ensuite, l’inclusion financière des femmes doit devenir une priorité chiffrée, appuyée par des lignes de microcrédit dédiées.

Le troisième axe exige une décentralisation budgétaire concrète. « La proposition réaliste n’est pas de leur transférer des responsabilités sans ressources, mais de leur affecter une part identifiée de la fiscalité locale et de la commande publique », suggère l’experte pour dynamiser les provinces.

Quatrièmement, l’accès aux fonds existants, comme le fonds de garantie de 30 milliards de FCFA, doit être repensé en s’inspirant des subventions d’amorçage du Nigeria ou du Rwanda pour contourner l’absence de caution des jeunes. Enfin, le pays doit moderniser ses outils de statistiques, car « on ne pilote pas ce qu’on ne mesure pas », rappelle-t-elle.

Le RNDH 2026 offre une opportunité historique de corriger les trajectoires. « Le RNDH 2026 pose le bon diagnostic, reste à construire, méthodiquement et sans détourner le regard, les solutions qui feront la différence dans la vie réelle », résume Irina Paceli Koumba, affirmant que c’est sur ce terrain que se jugera la sincérité des politiques à venir.

 

Vigny Ngami-Tsiba

 

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