Gabon : Les juridictions du pays au ralenti après la colère des greffiers
Gabon : Les juridictions du pays au ralenti après la colère des greffiers

Le Syndicat national des greffiers a, à l’issue d’une assemblée générale tenue le 27 février 2026 au palais de justice de Libreville, lancé trois « journées mortes » pour protester contre la remise en liberté d’une justiciable ayant tenté d’incendier le greffe civil du tribunal de la capitale. Ce mouvement de débrayage dénonce une décision du parquet jugée incompréhensible par les agents.
Réunis pour exprimer leur sentiment d’insécurité, les greffiers s’insurgent contre l’absence de poursuites fermes après qu’une femme a manqué de transformer leur lieu de travail en brasier. Pour le Synagref, le procureur disposait de tous les éléments pour engager des poursuites pour tentative d’incendie et d’homicide volontaires, mais a choisi l’inaction.
Le drame a été évité de justesse le mercredi 25 février. Une dame, exaspérée par un litige foncier stagnant depuis 2022, a aspergé le greffe civil, ses propres vêtements et un agent avec du pétrole avant d’être maîtrisée, allume-gaz en main. Son dossier, déclaré introuvable pendant des mois, est curieusement réapparu juste après l’incident. « Ce manque de réponse et l’enlisement de sa situation l’ont poussée à ce passage à l’acte », explique une source judiciaire pour contextualiser cette crise.
Face à la gravité des faits, la hiérarchie a privilégié une analyse sociale et psychologique du dossier, soulignant les dysfonctionnements administratifs. Cette approche est jugée inacceptable par les greffiers qui s’estiment livrés à eux-mêmes. En guise de protestation, l’arrêt de travail décrété pour les 27 février, 2 et 3 mars affecte le fonctionnement des tribunaux sur toute l’étendue du territoire. Le service minimum est réduit à sa plus simple expression, laissant de nombreuses procédures en souffrance. Cette crise révèle une fracture profonde entre une base exigeant une protection rigoureuse et une hiérarchie tentant de désamorcer une tension sociale, au risque de fragiliser l’autorité judiciaire.
Vigny Ngami-Tsiba



