
AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’incarcération de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze suscite une vive levée de boucliers au sein de la classe politique et juridique. Dans une analyse sans concession sur ses réseaux sociaux le 19 avril, la juriste et femme politique Marlène Essola Efountame dénonce une instrumentalisation de la justice et réclame la libération immédiate de l’ex-chef du gouvernement.
Pour Marlène Essola Efountame, cette procédure n’est rien de moins qu’une « négation de l’histoire » et un « outrage à la science du Droit ». L’affaire, qui remonte à la Fête des Cultures de 2008, repose sur un litige financier lié au préfinancement de l’événement par une militante d’alors. Un montage que l’experte qualifie de « coutume politique » et non de crime, soulignant que les fonds ont été investis dans un espoir de promotion politique.
L’analyse juridique d’Essola Efountame est sans appel : le dossier est vide. Elle s’étonne qu’en 2026, la justice réveille une affaire vieille de dix-huit ans. « La prescription est la garantie de la paix sociale », martèle-t-elle, précisant qu’aucune relance orale ou lettre personnelle ne peut interrompre ce délai légal. Selon elle, requalifier un investissement militant de l’époque en « dette privée » aujourd’hui constitue une hérésie, d’autant que Bilie-By-Nze agissait alors en qualité d’agent public.
L’indignation de la juriste porte également sur les méthodes employées. Elle fustige l’utilisation de la Direction générale des recherches (DGR), une unité d’élite, pour un litige de 5 millions de francs CFA datant de près de deux décennies. « C’est le visage même du Lawfare : l’instrumentalisation du judiciaire pour neutraliser un adversaire politique pour de prochaines échéances électorales », écrit-elle, rejoignant ainsi les inquiétudes exprimées par le syndicat des magistrats sur la crédibilité de l’institution judiciaire.
Pour Marlène Fabienne Essola Efountame, il est impératif de sortir de ce cycle de l’arbitraire afin de ne pas transformer des pratiques militantes d’hier en crimes d’aujourd’hui. Elle en appelle désormais directement à la plus haute autorité de l’État, exhortant le président de la République, à ne pas laisser la justice devenir le théâtre de règlements de comptes. « On ne bâtit pas un État de droit sur les décombres de la rancœur », prévient-elle, tout en exigeant la libération immédiate de l’ancien Premier ministre.
Vigny Ngami-Tsiba



