Gabon : Bilie-By-Nze dénonce l’instauration d’un « Big Brother » numérique via le NIP
Gabon : Bilie-By-Nze dénonce l’instauration d’un « Big Brother » numérique via le NIP

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’ancien Premier ministre et président du parti Ensemble Pour le Gabon (EPG) s’insurge contre la publication des ordonnances du 26 février 2026, y voyant une mise sous surveillance généralisée de la population sous couvert de régulation.
Le paysage numérique gabonais vient de basculer dans une ère de contrôle absolu selon Alain-Claude Bilie-By-Nze. Suite à la publication au Journal Officiel n°110, du 8 au 15 avril 2026, de textes réglementant les réseaux sociaux, l’opposant dénonce un dispositif « inédit » qui impose désormais l’identification stricte de chaque citoyen. Pour accéder aux plateformes numériques, tout utilisateur doit désormais fournir ses données personnelles, incluant son Numéro d’Identification Personnel (NIP). « Ce n’est plus une simple régulation, c’est une mise sous surveillance généralisée », martèle l’ancien Premier ministre, estimant qu’exiger le NIP revient à « transformer chaque citoyen en individu traçable ».
Le diagnostic de l’homme politique est sans appel : cette mesure signe la fin de l’anonymat et le début d’un climat de peur. « Lorsque l’État sait qui parle, il peut décider qui doit se taire », souligne-t-il, faisant un parallèle direct avec l’œuvre dystopique de George Orwell. Selon la position défendue par le président d’EPG, le pouvoir se dote ainsi d’un outil « redoutable » incluant une responsabilité solidaire de tous les acteurs — y compris ceux qui ne font que partager un contenu — ainsi que des sanctions pénales lourdes pouvant atteindre plusieurs années de prison. Le texte permettrait également la suspension de comptes en urgence et le ralentissement volontaire de l’accès aux plateformes.
Plus troublant encore pour l’ancien chef du gouvernement, la méthode utilisée pour imposer ces réformes. Alors que les autorités avaient annoncé l’organisation préalable d’un forum citoyen sur la régulation numérique, celui-ci n’a jamais eu lieu. Bilie-By-Nze s’interroge sur ce qu’il appelle une « magie administrative » : des textes datés du 26 février mais qui n’apparaissent que début avril, sans aucun débat ni concertation. « Quand le droit devient flou, c’est toujours la liberté qui recule », prévient-il, fustigeant une ingénierie du contrôle social qui occulte les véritables enjeux de responsabilité du pouvoir.
Pour le leader de l’opposition, le Gabon s’engage sur une voie dangereuse où la technologie sert de levier pour brider les esprits libres. En imposant ce verrouillage, le pouvoir actuel exprimerait, selon lui, sa propre crainte de la liberté. Alain-Claude Bilie-By-Nze conclut sur un avertissement historique, rappelant que toute tentative de fabriquer une pensée unique finit par se retourner contre son créateur, car « un peuple qu’on surveille finit toujours par se réveiller ».
Vigny Ngami-Tsiba



