A la uneAfrique

Gabon : Entre acquis sociaux et doutes institutionnels, le Dr Iloko Boussengui dissèque le discours du chef de l’État

Gabon : Entre acquis sociaux et doutes institutionnels, le Dr Iloko Boussengui dissèque le discours du chef de l'État

AFRICALEADNEWS – (Gabon) À l’occasion de la « Fête de la libération » célébrée le 30 août 2026 à Makokou, le Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui, président du parti Large rassemblement arc-en-ciel (LRA), a publié une tribune analysant l’adresse à la nation prononcée la veille par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Dans ce texte au ton mesuré, il dresse un bilan nuancé de l’action publique, saluant les avancées sociales et sanitaires dans l’Ogooué-Ivindo tout en interpellant vivement le pouvoir sur les fragilités du cadre électoral, la justice sociale et l’équité républicaine.

Sur le volet du développement provincial, le diagnostic reconnaît les investissements matériels consentis par l’État, notamment l’inauguration des bâtiments de la Cnss et des structures d’appui à l’entrepreneuriat à Makokou. Toutefois, l’analyse rappelle que la modernisation des infrastructures ne saurait se substituer à une véritable économie productive portée par l’exploitation des ressources locales comme le fer de Belinga. « Le développement d’un pays ne se mesure pas uniquement au nombre de bâtiments inaugurés. Il se mesure aussi à la capacité de ces infrastructures à transformer concrètement la vie des populations, créer des emplois, produire de la richesse et améliorer les conditions de vie et de travail », rappelle le Dr Iloko Boussengui.

S’agissant des annonces budgétaires consacrées à la santé, la tribune salue l’effort financier de plus de 60 milliards de FCFA destinés aux hôpitaux, à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs) et aux structures de prise en charge. Si ces engagements démontrent une réelle prise en compte des urgences sanitaires par le sommet de l’État, l’auteur insiste sur l’obligation de résultats sur le terrain pour les usagers et les personnels soignants. « L’argent doit se traduire par des soins de qualité, des médicaments disponibles, des équipements fonctionnels, des personnels correctement pris en charge et une meilleure couverture sanitaire de nos populations », souligne-t-il.

Le cœur des réserves exprimées concerne toutefois la trajectoire institutionnelle et le risque de reproduire les erreurs du passé lors des prochains scrutins. Le président du LRA met en garde contre l’autosatisfaction qui consisterait à figer le cadre constitutionnel et électoral actuel sans corriger les insuffisances révélées en 2025. « Organiser de futures élections sur la base d’un dispositif électoral dont les insuffisances ont été largement identifiées, c’est prendre le risque de reproduire les travers que nous avons connus en 2025 », avertit-il.

Enfin, le Dr Stéphane Iloko Boussengui dénonce le contraste entre l’affirmation théorique de l’égalité devant la loi et la persistance de zones d’ombre judiciaires, citant notamment les dossiers d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, de Bob Mengome ou les tensions au sein de la magistrature. Trois ans après le 30 août 2023, l’acteur politique appelle à une vigilance collective pour éviter qu’une justice à deux vitesses ne vienne altérer l’idéal de la Libération. « Un État de droit ne peut pas demander aux citoyens de croire en l’égalité devant la loi tout en laissant subsister des situations qui donnent le sentiment d’une justice à géométrie variable », tranche-t-il.

 

Africaleadnews

www.africaleadnews.com: Votre site pour la PROMOTION DU LEADERSHIP AFRICAIN

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page