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Gabon : Raymond Ndong Sima dénonce une justice à deux vitesses après sa plainte restée sans suite

Gabon : Raymond Ndong Sima dénonce une justice à deux vitesses après sa plainte restée sans suite

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Dans une interview largement relayée sur les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima livre un constat désabusé sur le fonctionnement d’un appareil judiciaire qu’il juge sélectif. Mis en cause dans le drame des déguerpis de Plaine Orety par trois membres de la société civile bien connus de tous alors qu’il se trouvait sur un lit d’hôpital, l’homme politique déplore l’inertie totale de sa plainte. Un blocage qui illustre le désarroi des citoyens ordinaires et interroge sur l’existence d’une justice à deux vitesses, où l’avancement des procédures varie selon la tête du client.

L’ancien Premier ministre souligne qu’il traversait alors une épreuve personnelle critique lorsqu’il a été publiquement pris pour cible. « J’ai porté plainte l’année dernière », rappelle-t-il, en expliquant qu’il se trouvait sur un lit d’hôpital, tout juste sorti d’une « lourde opération », lorsqu’on l’a accusé d’avoir induit le président en erreur sur l’affaire de Plaine Orety. Il dénonce l’attitude opportuniste de ces intervenants venus désigner un bouc émissaire devant les victimes. « Et vous avez eu trois personnes qui sont sorties du bois », s’indigne-t-il, « elles sont allées voir les déguerpis pour leur dire vos problèmes, c’est M. Ndong Sima qui est à l’origine de ça ».

Résolu à faire valoir ses droits, l’homme politique avait pourtant saisi les tribunaux, mais sa démarche s’est heurtée à une inertie déconcertante. Un an plus tard, la procédure n’a pas enregistré le moindre progrès. « J’ai porté plainte, la plainte dort, elle n’a pas bougé », déplore-t-il avec amertume. Pour Raymond Ndong Sima, cette stagnation traduit un fonctionnement à géométrie variable. « Ça veut dire qu’il y a les uns, il y a les autres », observe-t-il, « il y a les gens pour lesquels les plaintes avancent ». Un contraste d’autant plus saisissant que, dans d’autres affaires, l’appareil judiciaire sait pourtant faire preuve d’une célérité remarquable dès lors que les enjeux politiques ou sociaux l’exigent.

Au terme de cet engagement judiciaire, l’ancien chef du gouvernement dresse le bilan particulièrement amer d’une démarche stérile. « La seule chose que j’ai sentie dedans, c’est la dépense que j’ai faite en payant l’avocat », conclut-il, « mais la plainte ne bouge pas ». Face à de telles incohérences, où la vitesse des procédures semble directement liée à l’identité des plaignants ou des accusés, la question se pose avec acuité : devant un telle réalité, peut-on encore légitimement parler d’une justice véritablement libre et indépendante ?

Vigny Ngami-Tsiba

 

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