
AFRICALEADNEWS – (Gabon) En détention préventive depuis près de six mois pour des faits présumés de détournement de fonds publics, l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie By Nze a reçu un soutien public de poids le 16 septembre 2026. À l’occasion de son anniversaire, Marlène Fabienne Essola Efountame, juriste et femme politique, a publié une lettre ouverte sur ses réseaux sociaux pour dénoncer une procédure disproportionnée et réclamer le respect des principes républicains.
« En ce jour singulier où le calendrier républicain devrait saluer le franchissement d’une étape de votre vie dans la sérénité du cercle familial et le recul de l’homme d’État, la réalité vous assigne, depuis bientôt six mois, à la rigueur de la détention », déplore l’ancienne candidate. Rappelant le parcours de l’ancien chef du gouvernement, de ses débuts militants à l’Université Omar Bongo jusqu’aux sommets du pouvoir, l’auteure remet en question les fondements juridiques des poursuites engagées contre lui. « On vous oppose un dossier pour le moins équivore, fondé sur une prétendue « dette » en réalité contribution partisane de 5 millions de FCFA à un événement institutionnel remontant à 2008 », souligne-t-elle.
Tout en évoquant leur compagnonnage politique lors des récentes échéances électorales et la fermeté de leurs convictions respectives, la juriste critique l’asymétrie des procédures en cours. « Pendant que les véritables prédateurs des deniers publics trinquent au champagne dans leurs appartements de Londres ou de Paris (…) ou devisent paisiblement dans les salons feutrés de Libreville, vous payez au prix fort le crime d’avoir osé incarner une opposition ferme et d’avoir dit non », estime-t-elle.
Selon elle, la situation actuelle de l’ancien Premier ministre met à mal les engagements d’équité et de refondation portés par le régime de la Ve République sous la conduite du président Brice Clotaire Oligui Nguema. « La Restauration des Institutions et l’édification de la 5ème République (…) ne sauraient s’accommoder de laé »t détention préventive prolongée, ni d’une justice perçue comme un instrument de règlement de comptes », affirme-t-elle.
Cette sortie remet au centre de l’attention le traitement réservé aux acteurs politiques de premier plan sous la Cinquième République. En érigeant le strict respect des garanties judiciaires en condition incontournable de la cohésion nationale, Marlène Fabienne Essola Efountame invite le pouvoir judiciaire à faire de la liberté et de l’équité les seuls véritables piliers de l’État de droit.
Vigny Ngami-Tsiba



