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Gabon : l’affaire Opiangah ou le spectre de l’arbitraire administrative

Gabon : l'affaire Opiangah ou le spectre de l’arbitraire administrative

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Visé en novembre 2024 par une plainte pour viol sur mineure de moins de 15 ans, inceste, usage de faux et menaces de mort, Hervé Patrick Opiangah est définitivement hors de cause. Après un non-lieu prononcé par le juge d’instruction et confirmé par la chambre d’accusation de la cour d’appel judiciaire de Libreville suite au recours de la partie civile, le président de l’UDIS a obtenu, par le biais de ses conseils, un certificat de non-pourvoi le 12 juin dernier. Malgré cette décision revêtue de l’autorité de la chose jugée, ses avocats dénoncent aujourd’hui la rétention abusive de ses effets personnels et le maintien, selon eux illégal, de son interdiction de sortie du territoire. 

Lors d’une conférence de presse tenue le 7 juillet 2026 à Libreville, le collectif de la défense, composé de maîtres Carole Moussavou, Paulette Oyane et Obame Ondo, a rappelé que l’action publique est définitivement éteinte. Pour les conseils de l’ancien ministre, cette cabale de près de deux ans s’apparente à une tentative d’assassinat social visant un homme politique et d’affaires influent. « On avait signé un ordre de mort sociale contre monsieur Opiangah », s’est insurgé l’un de ses conseils, dénonçant un traitement indigne lors de la perquisition de novembre 2024 au cours de laquelle « les OPJ se sont comportés comme des brigands. Ils ont pillé son domicile, ils ont pillé ses bureaux ».

Aujourd’hui, l’acharnement administratif prend le relais de la traque judiciaire. Trois passeports – dont deux diplomatiques –, deux ordinateurs et un téléviseur demeurent confisqués par les services de sécurité, tandis que l’ancien ministre et la supposée victime restent interdits de quitter le territoire national. « Pourquoi est-ce que notre client ne peut pas se déplacer librement ? », s’est indigné le collectif des avocats, refusant de voir des citoyens libres réduits au statut de « prisonniers » de l’administration.  Face à cette situation, le parquet décline toute responsabilité en affirmant que les objets saisis ne figurent pas sur la liste des dépôts au Trésor public, alors que le ministère de la Justice garde le silence face aux recours introduits par la défense.

Cette persistance de mesures coercitives hors de tout cadre légal soulève une question essentielle : qui tire réellement les ficelles de ce harcèlement résiduel ? Dans un Gabon qui a restauré ses institutions et qui est désormais pleinement ancré dans la Ve République, voir un citoyen définitivement acquitté rester privé de ses passeports et de sa liberté d’aller et de venir est un signal démocratique désastreux. Quand les procédures policières échappent au contrôle des magistrats et que les décisions de justice sont ignorées aux frontières, c’est l’État de droit que l’on assassine à petit feu.

Il appartient désormais aux plus hautes autorités de mettre un terme à ces manœuvres abusives et de restituer sans délai à Hervé Patrick Opiangah l’intégralité de ses attributs de citoyen libre, afin de lever tout doute sur la neutralité et l’impartialité de l’appareil judiciaire.

Vigny Ngami-Tsiba

 

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