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Gabon : Pierre Mintsa interpelle le gouvernement sur le retard des résultats des élections professionnelles

Gabon : Pierre Mintsa interpelle le gouvernement sur le retard des résultats des élections professionnelles

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Plus de deux mois après le scrutin du 28 avril 2026, le président de la confédération Machette syndicale des travailleurs vaillants (MSTGV) demande la publication immédiate des résultats. Soupçonnant des manœuvres politiques derrière ce silence, il cible directement la ministre du Travail, Jacqueline Bignoumba.

Le blocage des résultats des élections professionnelles crée de fortes tensions. Face à cette attente, Pierre Mintsa a pris la parole pour interpeller directement l’exécutif, s’adressant particulièrement à la ministre du Travail, Jacqueline Bignoumba. Le leader syndical s’étonne qu’un scrutin organisé il y a plusieurs semaines n’ait toujours pas débouché sur une proclamation officielle, alors que la fonction publique affirme être prête depuis longtemps.

Le profil de la ministre du Travail ciblé

Cette lenteur passe d’autant plus mal que le parcours de la ministre est pointé du doigt. Issue du secteur privé, Jacqueline Bignoumba a dirigé pendant de longues années l’Union pétrolière gabonaise (Upega), le syndicat des patrons du secteur des hydrocarbures. Pierre Mintsa n’hésite pas à égratigner cette sensibilité patronale. « Madame le ministre du travail, vous nous avez tant dit que le privé avait l’habitude d’organiser cela. Mais aujourd’hui, où en sommes-nous avec le privé ? Le privé dont vous avez tant vanté les qualités, où en sommes-nous ? », interroge-t-il.

« Après avoir organisé les élections professionnelles en date du 28 avril 2026, ça fait aujourd’hui plus de deux mois que vous n’arrivez pas à rendre officiels les résultats », regrette le président de la MSTGV, avant de rappeler les étapes légales (arrêtés sectoriels, enquête administrative et mise en place d’une commission tripartite). Il s’interroge ouvertement sur les motivations réelles de ce blocage. « Est-ce que votre stratégie est de vouloir maîtriser certains syndicats pour qu’ils soient à votre botte ? Pour quel objectif ? Je n’en sais rien », enfonce-t-il.

Un contraste flagrant avec les scrutins politiques

Pour appuyer sa critique, le responsable syndical compare cette inertie à la rapidité des grandes échéances politiques du pays. « Regardez ce qui s’est passé avec les élections politiques. On parle d’abord de l’élection référendaire. Ça s’est bien passé. En deux jours, les résultats étaient connus », rappelle-t-il, évoquant ensuite la présidentielle d’avril 2025 et les législatives, toutes bouclées en quelques jours. « Mais pour une élection professionnelle, deux mois après, nous sommes au troisième mois, vous n’avez pas à rendre public les résultats », s’indigne-t-il.

Le président de la MSTGV craint que le gouvernement cherche à contourner les partenaires sociaux en soumettant des textes directement à la présidence sans l’accord des travailleurs. Rappelant que « tout ce qui est fait pour le travailleur sans le travailleur est contre le travailleur », il refuse à l’avance toute négociation qui n’émanerait pas d’un protocole tripartite officiel. « Aucun texte ne doit parvenir au chef de l’État au motif qu’il s’agit là d’une trêve sociale, parce que nous n’allons pas négocier la trêve sociale avec vous. Nous la négocierons avec le président de la République », conclut-il. La balle est désormais dans le camp de la ministre, appelée à débloquer le dialogue social.

Vigny Ngami-Tsiba

 

 

 

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