Santé mentale : les pays africains unissent leurs forces pour combler les lacunes des services
Santé mentale : les pays africains unissent leurs forces pour combler les lacunes des services

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) Une réunion interpays consacrée à la santé mentale a récemment rassemblé, à Johannesburg, pour la première fois, des experts, des décideurs politiques, des organisations de la société civile et des partenaires issus de plus de vingt pays africains.
A l’initiative du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, avec l’appui du Wellcome Trust, l’objectif de cette rencontre était de renforcer l’action coordonnée face aux lacunes critiques des services de santé mentale dans la Région, a appris Mercure Média dans une publication de l’OMS.
Les débats ont mis en exergue des défis persistants pointant près de 150 millions de personnes en Afrique qui vivent avec des troubles mentaux, neurologiques ou liés à la consommation de substances psychoactives, mais l’accès aux soins intégrés demeure limité.
Selon le texte, les services restent sous-financés, fragmentés et souvent inaccessibles, notamment dans les zones rurales. Et, à ce jour, seuls sept pays ont intégré des services complets de santé mentale dans les soins primaires.
Par contre, relève la publication, seize autres pays ont inscrit des lignes budgétaires spécifiques. Et, les dépenses publiques, inférieures à 0,07 dollar par habitant, illustrent l’ampleur du déficit.
La réunion, qui concernait les pays d’Afrique de l’Est et australe, a permis d’évaluer les progrès, d’identifier les obstacles et de réaligner les stratégies nationales sur les priorités régionales et mondiales.
La prochaine réunion interpays, consacrée aux pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, se tiendra du 15 au 18 juillet 2026 à Lomé, au Togo, afin de prolonger la dynamique et d’élargir la collaboration régionale.
Elle s’inscrit dans la préparation du septième Sommet ministériel mondial sur la santé mentale prévu début 2027.
‘’Les pays africains demeurent confrontés à une charge considérable liée aux problèmes de santé mentale. Nous devons investir dans la santé mentale en mobilisant des ressources durables’’, a déclaré lors de cette réunion le docteur Benido Impouma, Directeur du groupe organique Promotion de la santé, prévention et lutte contre les maladies au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.
La même source fait savoir que l’OMS s’engage, avec ses partenaires, à faire progresser la stratégie régionale et à garantir aux personnes concernées les soins et la dignité qu’elles méritent.
Elle fait comprendre également que les participants ont examiné des pistes concrètes permettant de renforcer les systèmes d’information, intégrer la santé mentale dans les soins primaires, étendre les services communautaires et consolider la collaboration multisectorielle.
Une occasion saisit par le ministre sud-africain de la Santé, docteur Aaron Motsoaledi pour rappeler que ‘’lorsqu’ils sont négligés, les besoins en santé mentale détériorent les résultats sanitaires, réduisent l’adhésion aux traitements et accroissent le handicap’’.
Il a, en outre, souligné l’importance d’une approche coordonnée, centrée sur les personnes, les données probantes et l’implication communautaire.
A partir des analyses rapides préparées par les pays, des feuilles de route nationales ont commencé à être élaborées et visent à élargir l’accès aux soins, améliorer la disponibilité des médicaments essentiels, renforcer la prévention du suicide et préparer la fourniture de soutien psychosocial en cas d’urgence.
La publication de l’OMS souligne que la réunion a également impulsé une dynamique contre la discrimination et la stigmatisation, en favorisant la collaboration avec les personnes ayant une expérience vécue.
D’ailleurs, elle fait noter que les échanges entre pairs ont permis d’identifier des défis communs, de partager des pratiques innovantes et d’explorer de nouvelles possibilités de coordination nationale et régionale.
‘’Notre ambition est de favoriser un accès plus précoce et équitable à des soins efficaces, guidés par la science et adaptés aux réalités locales’’, a affirmé, dans le texte, Paul Spencer, responsable des politiques de santé mentale au Wellcome Trust.
mercuremedia.com



