
AFRICALEADNEWS – (Sénégal)— C’est un coup de théâtre qui secoue les couloirs de la présidence et de l’Assemblée nationale. Alors que la réforme du Code électoral devait être une formalité après les débats parlementaires, le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a décidé de suspendre toute promulgation. En cause : la réception de deux versions différentes de la même loi.
Le processus de réforme, crucial pour la stabilité des prochains scrutins, se retrouve aujourd’hui dans l’impasse. Cet incident, rarissime dans les annales législatives du Sénégal, soulève des questions sur la fiabilité de la transmission des textes entre le pouvoir législatif et l’exécutif.
Deux lois pour un même vote : L’incompréhension
Selon des sources proches de la présidence, le Président de la République aurait reçu sur son bureau deux documents distincts censés représenter la loi adoptée par les députés. Ces deux versions présenteraient des divergences significatives sur des articles clés de la réforme électorale.
Face à ce qu’il considère comme une anomalie grave, Bassirou Diomaye Faye a choisi d’appliquer le principe de précaution : bloquer l’ensemble du processus. Le Chef de l’État refuse de promulguer un texte dont l’intégrité et la conformité avec la volonté réelle des parlementaires ne sont pas garanties.
El Malick Ndiaye monte au créneau
L’incident n’est pas passé inaperçu du côté des alliés du président. El Malick Ndiaye, ministre et figure de proue du parti au pouvoir, a immédiatement réagi. Pour lui, cette situation ne relève pas d’une simple erreur administrative, mais potentiellement d’une tentative de manipulation des textes législatifs.
Le ministre a « déclenché l’alerte », pointant du doigt les dysfonctionnements au sein du secrétariat général de l’Assemblée nationale ou des services de transmission. Pour le camp présidentiel, il est impératif de situer les responsabilités : s’agit-il d’une erreur matérielle de reproduction ou d’une altération délibérée d’une version de la loi ?
Un calendrier électoral sous tension
Ce blocage intervient dans un contexte politique tendu où chaque virgule du Code électoral fait l’objet d’âres négociations entre le pouvoir et l’opposition. Le retard pris dans la promulgation de la loi pourrait impacter le calendrier des futures échéances électorales et raviver les soupçons de part et d’autre.
Le Président Diomaye Faye, garant du fonctionnement régulier des institutions, attend désormais une clarification officielle de l’Assemblée nationale avant de franchir l’étape de la signature. En attendant, le Sénégal retient son souffle face à ce qui ressemble de plus en plus à un imbroglio institutionnel majeur.



