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Réforme de l’Acte IV : Le Sénégal amorce le virage de la « rupture territoriale » au CICAD

Réforme de l’Acte IV : Le Sénégal amorce le virage de la « rupture territoriale » au CICAD

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) Le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) a vibré ce jeudi au rythme de la décentralisation. Sous l’égide de Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, s’est ouvert l’atelier de restitution du rapport provisoire des concertations nationales. Un rendez-vous décisif qui marque la fin de la consultation et le début de l’élaboration législative de l’Acte IV.

Un moment charnière pour l’administration sénégalaise

Loin d’être une simple formalité technique, cette rencontre a été qualifiée de « moment charnière » par le ministre. Après l’Acte I (fondations), l’Acte II (renforcement des compétences) et l’Acte III (communalisation intégrale en 2013), le Sénégal s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire administrative.

« Nous ne sommes pas réunis pour un simple atelier de plus. Nous nous apprêtons à tourner une page pour en écrire une nouvelle, plus audacieuse, plus juste », a martelé Moussa Bala Fofana.

Le diagnostic sans complaisance de l’Acte III

Si l’Acte III a favorisé la démocratie de proximité, le ministre a pointé du doigt des limites structurelles devenues insupportables pour le développement local. Les chiffres présentés dressent un constat de vulnérabilité financière :

  • Autonomie financière : Elle ne s’élève qu’à 46 % en moyenne pour les 553 communes du pays.

  • Dépendance à l’État : Plus de la moitié des ressources des communes provient encore du pouvoir central.

  • Fracture territoriale : Le contraste est saisissant entre une commune comme Dakar Plateau (99 % d’autonomie) et celle de Sare Bidji (3 %).

  • Services sociaux : Près de 23 % de la population font encore face à des obstacles pour accéder à l’état civil.

L’Acte IV : Le bras armé de l’Agenda Sénégal 2050

Sous l’impulsion du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, l’Acte IV ne se veut pas un simple réaménagement, mais une véritable rupture. Cette réforme s’inscrit directement dans l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050.

Les objectifs sont clairs :

  1. Mettre fin aux inégalités de moyens entre les territoires.

  2. Renforcer l’ingénierie territoriale et la digitalisation.

  3. Transformer les collectivités en véritables moteurs de développement économique local.

Un processus de consultation marathon

Le rapport provisoire présenté est le fruit d’un travail de terrain titanesque mené entre octobre 2024 et janvier 2026 :

  • 1 074 acteurs consultés.

  • 6 166 kilomètres parcourus à travers les 14 régions.

  • 15 thématiques clés abordées (gestion foncière à Dakar, pôles territoires à Mbour, financement à Thiès, contenu local à Matam, etc.).

Cap sur le futur Code général des collectivités territoriales

L’enjeu de cet atelier de jeudi est de transformer ces milliers de contributions en une feuille de route concrète. Les discussions du jour doivent sceller le passage de la parole à la norme : la rédaction du futur Code général des collectivités territoriales.

En clôturant son allocution, le ministre a appelé à une mobilisation générale : « L’histoire de la décentralisation s’écrit avec des mots, mais se construit avec des actes. Agissons ensemble pour des territoires plus justes, plus forts, plus libres. »

Africaleadnews

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