RDC-Rwanda : la mort de Willy Ngoma, un tournant dans la guerre de l’Est
RDC-Rwanda : la mort de Willy Ngoma, un tournant dans la guerre de l’Est

AFRICALEADNEWS – (RDC) Le conflit entre la République démocratique du Congo et la rébellion du M23/AFC vient de franchir une étape décisive avec la mort de Willy Ngoma, porte-parole militaire du mouvement rebelle, tué le 24 février dernier près de Rubaya lors d’une frappe de drone attribuée aux Forces armées congolaises (FARDC).
Depuis mercredi 25 février, les FARDC, appuyées par les milices locales Wazalendo et soutenues par des drones, ont lancé des attaques simultanées contre plusieurs positions du M23 dans le territoire de Masisi. Les combats les plus intenses se déroulent autour de Rubaya, site minier stratégique qui fournit entre 15 % et 30 % du coltan mondial, minerai essentiel à l’industrie électronique. Pour les rebelles, l’enjeu est autant militaire qu’économique.
Les drones, nouvel atout de Kinshasa
Longtemps en difficulté au sol, l’armée congolaise semble avoir trouvé un nouvel avantage tactique grâce à l’usage croissant de drones d’attaque. La frappe qui a coûté la vie à Willy Ngoma illustre la capacité des FARDC à mener des opérations ciblées. Selon plusieurs sources, des forces spéciales congolaises, formées avec l’appui d’experts étrangers, seraient désormais en mesure de frapper en profondeur, permettant aux milices Wazalendo de progresser sur le terrain et de reprendre certaines localités.
Ce basculement intervient dans un contexte marqué par l’accord signé à Washington entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Donald Trump. La présence d’éléments liés à la société paramilitaire fondée par Erik Prince, ex-patron de Blackwater, a été signalée dans la région d’Uvira. La mine de Rubaya, exploitée par le M23 depuis 2024, figure au cœur des enjeux économiques de l’accord de Washington. Les intérêts américains dans le secteur stratégique du coltan pourraient expliquer leur implication accrue dans le conflit.
Offensive diplomatique de Kinshasa
Sur le plan diplomatique, le président Félix Tshisekedi multiplie les démarches pour internationaliser la crise sécuritaire. Reçu le 25 février à l’Élysée par Emmanuel Macron, il a obtenu une déclaration de solidarité française, assortie d’un appel à la désescalade. Kinshasa cherche à transformer chaque soutien public en levier dans le rapport de force régional.
Parallèlement au conflit militaire, un bras de fer diplomatique oppose Kinshasa et Kigali autour de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La RDC a présenté la candidature de Juliana Amato Lumumba, fille de Patrice Lumumba, pour le poste de Secrétaire générale. Le Rwanda, de son côté, soutient la reconduction de Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat. Cette rivalité illustre la volonté des deux pays de peser sur la scène francophone mondiale.
Bona Masanu



