Gabon : Le parti de Bilie-By-Nze dénonce une « dérive liberticide » sur le web
Gabon : Le parti de Bilie-By-Nze dénonce une « dérive liberticide » sur le web

La formation Ensemble pour le Gabon (EPG) s’insurge contre la suspension de ses plateformes de communication, dénonçant dans un communiqué daté du 1er mars 2026 une « vive indignation » face à la mise hors ligne récurrente des pages de son président, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, une manœuvre perçue comme une entrave délibérée à la liberté d’expression.
L’état-major du parti souligne le caractère opaque de ces mesures qui, selon lui, ne reposent sur aucun fondement légal explicite. « Nous posons une question simple : quelle règle avons-nous violée ? », s’interrogent les responsables d’EPG, précisant qu’à ce jour, « aucune réponse circonstanciée ne nous a été apportée ». Pour le mouvement d’opposition, la récurrence de ces suspensions ne peut être réduite à de simples opérations de modération algorithmique. Elle est interprétée comme une « entrave ciblée » visant une voix politique dont la cohérence et la constance des positions semblent déranger.
Un étau numérique qui se resserre
Cette offensive numérique s’inscrit dans un contexte de tension croissante sur le web gabonais. Ces dernières semaines, plusieurs activistes particulièrement virulents à l’égard du régime ont vu leurs comptes personnels purement et simplement « sauter » des réseaux sociaux, renforçant le sentiment d’une purge digitale coordonnée. Par ailleurs, cette situation intervient alors que la Haute Autorité de la Communication (HAC) a officiellement suspendu l’accès aux réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national depuis le 17 février dernier, plongeant le pays dans un isolement numérique partiel.
Le parti élargit son propos en dénonçant un climat global de pression sur les internautes, qu’ils soient au Gabon ou au sein de la diaspora. Alain-Claude Bilie-By-Nze et ses partisans expriment leur solidarité envers ceux qui subissent des « restrictions, intimidations ou pressions » pour avoir exercé leur droit à l’expression. Le communiqué rejette fermement l’usage abusif des motifs de diffamation ou d’atteinte aux institutions pour justifier ces blocages. « L’usage extensif et discutable de tels arguments », affirme le texte, ne servirait qu’à « réduire au silence une voix politique critique » dans un espace public qui se doit d’être ouvert et contradictoire.
En rappelant que l’histoire politique a souvent vu les restrictions des libertés être légitimées par des impératifs de sécurité intérieure, Ensemble pour le Gabon met en garde contre une dérive attentatoire à la démocratie. Le parti réaffirme son attachement indéfectible à l’État de droit et prévient que la mobilisation pour le droit de chaque citoyen à participer au débat public restera totale. Pour EPG, une certitude demeure : « Le débat d’idées ne saurait être remplacé par le silence imposé ».
Vigny Ngami-Tsiba



