
AFRICALEADNEWS- (Gabon) Figure de la chambre haute et soutien affiché à l’action présidentielle, Georges Mpaga a vivement dénoncé ce mardi 17 février la suspension des réseaux sociaux, alertant sur les risques de rupture entre le pouvoir et le peuple.
Le tollé provoqué par la mise sous éteignoir numérique du Gabon atteint désormais les travées du Sénat. Pour Georges Mpaga, sénateur de la nation et expert des questions de droits de l’Homme, la déclaration de la Haute Autorité de la Communication (HAC) est une erreur stratégique majeure. Il estime que cette mesure, loin de protéger les institutions, place le pays dans une position délicate sur l’échiquier mondial. « Le Gabon sera la risée des nations et au ban de la communauté internationale en tant que pays violant et entravant gravement la liberté d’expression », a-t-il prévenu avec inquiétude. Selon l’élu, cette décision piétine l’article 14 de la Constitution et fragilise la vitalité démocratique dont les réseaux sociaux sont, à ses yeux, le principal baromètre.
L’analyse du sénateur se veut sans concession sur la nature de la sanction. En privant les Gabonais de leurs canaux d’échange, la HAC franchit un cap qu’il juge dangereux pour la paix sociale. « Arrêter les réseaux sociaux, c’est réduire au silence toute la population. C’est une mesure tyrannique », a-t-il fustigé, qualifiant l’acte d’atteinte « inqualifiable » aux droits humains.
Georges Mpaga s’inquiète particulièrement des conséquences systémiques de ce black-out, rappelant que ces plateformes sont des outils de travail essentiels pour les entreprises et les entrepreneurs. « La suspension des réseaux sociaux pourrait entraîner une perte de confiance des citoyens dans les institutions », a-t-il souligné, craignant que ce silence forcé ne devienne le terreau de futures contestations.
Mais au-delà de l’aspect technique, c’est l’image du chef de l’État qui préoccupe ce membre du bureau du Sénat. Craignant que la gouvernance présidentielle ne soit mise « sur la sellette » par l’opinion internationale, Georges Mpaga appelle à une réaction immédiate du sommet de l’exécutif pour désavouer le régulateur. « En sa qualité de garant des institutions, le Président doit fermement la condamner et la dénoncer », a-t-il martelé. Pour ce soutien du pouvoir, la solution réside dans le dialogue et la régulation intelligente plutôt que dans l’obscurité numérique, car un État moderne ne saurait se construire en éteignant la parole de ses citoyens.
Alors que la mise en œuvre technique de la suspension semble marquer le pas, cette sortie musclée d’un parlementaire de la majorité place le sommet de l’État devant un arbitrage crucial pour l’image démocratique du pays. En attendant que le couperet ne tombe, les Gabonais demeurent dans une attente angoissante, chaque rafraîchissement de page sur smartphone sonnant comme un sursis précaire.
Vigny Ngami-Tsiba



