
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), dirigé par l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, a vivement condamné ce mardi 17 février la décision de la Haute Autorité de la Communication, qualifiant la coupure numérique d’abus de pouvoir et de violation grave de la Constitution.
L’indignation politique gagne en intensité après le black-out numérique imposé sur l’ensemble du territoire gabonais. Pour la formation de l’ancien chef du Gouvernement, cette mesure est reçue avec une « consternation et une indignation » totale. Le parti estime que l’offensive du régulateur ne se limite pas à une simple régulation technique, mais s’attaque frontalement aux piliers de la République. « Rien, absolument rien, ne donne le droit à la HAC de prendre une telle mesure », a martelé le directoire de l’EPG, avant d’ajouter qu’il s’agit d’un acte « juridiquement contestable et politiquement inacceptable ».
Au-delà de la liberté d’expression, le parti d’Alain-Claude Bilie-By-Nze pointe du doigt les conséquences économiques dévastatrices d’un tel silence forcé. En privant les acteurs du numérique de leur outil de travail, la HAC porterait une atteinte inacceptable à la « liberté d’entreprendre et de mener une activité économique ». Pour EPG, cette décision « fragilise l’économie numérique et nuit aux libertés d’entreprise ». La formation politique s’inquiète également de l’instauration d’un « climat de peur et de répression » qu’elle juge incompatible avec les fondements d’un État de droit et les engagements internationaux du Gabon.
Face à ce qu’il qualifie de « décision inique », le parti Ensemble Pour le Gabon exige l’annulation de cette mesure et appelle à une mobilisation générale des forces vives de la nation. « Nous appelons l’ensemble des forces démocratiques à se mobiliser pour faire barrage à cette dérive liberticide », a lancé le président du parti. Alain-Claude Bilie-By-Nze prévient par ailleurs que si la décision n’est pas annulée, son mouvement n’hésitera pas à porter l’affaire devant les juridictions compétentes. « Ensemble Pour le Gabon saisira toutes les instances nationales, régionales et internationales », a-t-il averti pour marquer sa détermination.
Alors que le bras de fer s’installe, l’interpellation de la communauté internationale par l’ancien Premier ministre place désormais le gouvernement face à une pression diplomatique croissante, transformant une mesure technique en une crise politique majeure.
Vigny Ngami-Tsiba



