
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Lors d’un point de presse tenu ce 12 février, le porte-parole de la Présidence, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, a détaillé la nouvelle doctrine diplomatique du Gabon centrée sur le pragmatisme économique. Désormais, la vision portée par Brice Clotaire Oligui Nguéma rompt avec la figuration protocolaire pour un leadership actif au sein de l’Union africaine, visant des retombées concrètes pour le citoyen à travers chaque engagement international.
Le Gabon ne se contente plus de paraître sur la scène mondiale. Devant les médias, l’émissaire du palais du Bord de mer a martelé que chaque déplacement officiel doit désormais se traduire par des bénéfices palpables. Cette stratégie, qui refuse de voir en la diplomatie un « simple exercice protocolaire », s’est illustrée récemment par une offensive aux Émirats arabes unis. En signant trois mémorandums d’entente dans les secteurs des mines, du numérique et de la logistique, Libreville entend briser le cycle de la dépendance aux matières premières brutes.
Souveraineté et transformation locale
Dans le secteur aurifère, le partenariat avec Admog Gold marque une volonté d’émancipation. L’objectif est de transformer les ressources en « prospérité nationale » via une exploitation responsable. Le volet numérique, porté par un accord avec la filiale d’IA Presight, vise quant à lui à moderniser une administration parfois jugée trop lente. « Les Gabonais méritent une administration publique beaucoup plus rapide dans le traitement des dossiers », a souligné le porte-parole, rappelant que cette digitalisation est la clé d’une « équité au sommet de l’État ».
Sur le plan logistique, l’ambition avec Abu Dhabi Port Company est de faire du pays un hub régional intégré aux chaînes de valeurs mondiales. « Le Gabon ne veut plus être un simple exportateur de matières premières », a insisté Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, précisant que le pays souhaite désormais bâtir une économie fondée sur la « transformation locale » et des partenariats « mutuellement bénéfiques ».
Le retour au cœur de l’architecture panafricaine
Cette affirmation nationale s’accompagne d’un repositionnement dans le concert des nations. L’élection du Gabon au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, le 11 février dernier, est perçue comme une consécration.
En intégrant cet organe central de l’architecture de sécurité continentale, Libreville se place au centre de la médiation et de la prévention des conflits. « Y siéger, en fin de compte, c’est participer directement aux décisions majeures qui engagent l’avenir de notre continent », a déclaré le porte-parole. Pour les autorités, ce mandat permet de porter haut la voix d’une Afrique capable de promouvoir des « solutions africaines aux crises africaines ».
« Le Gabon est de retour dans sa grande famille africaine », s’est réjoui le communicant de la Présidence. Pour les observateurs, cette dynamique témoigne d’une volonté de décomplexion. Le défi reste désormais de convertir ces succès de prestige en une transformation sociale durable, car la reconnaissance internationale n’a de sens que si elle favorise le progrès quotidien des populations.
Vigny Ngami-Tsiba



