
AFRICALEADNEWS – ‘(Sénégal) « Au niveau de l’agence, non seulement les moyens ne suffisent pas mais la sectorisation des cibles rend encore plus difficile notre impact sur les entreprises ».
Mme Marie Rose Faye a tenu ses propos lors de la 12ème édition de l’atelier de partage intitulé Jokko.
Organisé par l’ONG Association des Villageois de Ndem, Jokko a eu lieu au cours de l’après-midi du 12 avril 2025 dans un cadre artistique: Espace Mame Samba.
Face à un public décomplexé, comptant dans ses rangs bon nombre de personnes ayant commencé à zéro pour finir en héros, la directrice générale de l’Agence d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises AEDPME, visiblement séduite par le niveau élevé des échanges centrés sur deux thèmes que sont: émigration clandestine et retour à la terre, poursuit. Le type d’entreprenariat jusqu’ici constaté au Sénégal reste encore à l’état de subsistance.
Afin d’étayer ses affirmations, Mme Marie Rose Faye met en exergue des chiffres. Le dernier recensement de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie ANSD a révélé l’existence de 408.000 entreprises au Sénégal dont 97% figurent parmi la plus basse catégorie au moment où moins de 2% d’entre celles-ci se voient cataloguées moyennes, a-t-elle fait savoir.
En termes de stratégie, il est temps d’aligner le financement au besoin des entreprises, ce qui, malheureusement, n’est toujours pas le cas, se désole la directrice.
Par ailleurs, Mme Marie Rose Faye se dit en déphasage avec la pratique qui consiste à accorder aux seules grandes entreprises (0, 6%) quasiment le monopole de l’assistance étatique.
Mamadou Dia est l’autre panéliste ayant retenu l’attention du public. Il a su toucher les émotions en retraçant sa vie marquée par l’émigration clandestine qu’il a dû entamer dès 2006.
Ceci faisait suite aux refus successifs de l’ambassade de France (2002 et 2004) de lui accorder le visa devant lui permettre de poursuivre ses études en Hexagone.
Pris à la gorge par le marteau d’une famille plus que modeste et l’enclume du désir de voyager qu’il érige tout simplement au rang des droits, Mamadou quitte son pays le Sénégal à bord d’une pirogue avec la complicité de passeurs en 2006. Il ne retrouvera son Gandiol natal situé à 20 km de Saint-Louis qu’en 2014.
Aujourd’hui, il est à l’origine de la construction de maintes infrastructures socio-éducatives de base en phase avec la préservation de l’environnement.
Les femmes et les jeunes constituent le moteur des écoles, maternités, centres culturels et autres projets agricoles sortis de terre entre Gandiol et Nguidjilakh voire au sein de la bonne vieille ville tricentenaire: Saint-Louis.
Aux yeux de Mamadou Dia ex-émigrant, plus que l’émigration elle-même, c’est plutôt sa perception qui a amplifié sa dimension problématique.
Le modération du débat de cet atelier décidément riche a été assurée avec brio par Massamba Mbow, président de l’Association des Villageois de Ndem créée en 1985 par son défunt père Ababacar Mbow rappelé a Dieu en début 2024.
Détail important: le statut d’association a cédé sa place à celui d’ONG en 2006. La tenue de ce Jokko a aussi bénéficié de l’appui de la HBS une fondation politique d’obédience allemande présente au Sénégal depuis 2018 et affiliée à l’International Vert.
Djibril Diop



