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Le Royaume-Uni se prépare pour les derniers adieux à la reine Elizabeth II

Le Royaume-Uni se prépare pour les derniers adieux à la reine Elizabeth II

Chefs d’État et de gouvernement du monde entier se sont joints ce dimanche aux Britanniques se recueillant en masse devant le cercueil d’Elizabeth II, à la veille de funérailles d’État qui s’annoncent grandioses.

La période de deuil national touche à sa fin au Royaume-Uni. La reine Elizabeth II, décédée le 8 septembre à l’âge de 96 ans, sera inhumée ce lundi en fin d’après-midi. Le public a encore jusqu’à 6h30 pour se recueillir devant le cercueil de la monarque à Westminster Hall, la plus ancienne salle du Parlement britannique. Ce dimanche, des milliers de personnes continuaient à faire la queue pour lui rendre un dernier hommage.

À celles-ci se sont joints des chefs d’État et de gouvernement du monde entier. Joe Biden, accompagné de son épouse Jill, a fait le signe de croix devant le cercueil de la défunte souveraine. Il a rendu hommage au sens de la « dignité » et du « service » d’Elizabeth II. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou encore le roi d’Espagne, Felipe VI, se sont également inclinés devant la dépouille de la reine, ainsi que la première dame ukrainienne, Olena Zelenska, visiblement très émue. Les dirigeants étrangers devaient être reçus à Buckingham Palace en début de soirée, pour le premier grand rendez-vous diplomatique de Charles III.

Dernier des enfants de la reine à lui rendre hommage, le prince Andrew, réputé fils préféré d’Elizabeth II et tombé en disgrâce après des accusations d’abus sexuel soldées par un accord financier, a salué sa « compassion », sa « confiance », ses « conseils » et son « humour ». Dans un message vidéo, la reine consort Camilla a insisté sur les difficultés qu’Elizabeth II, « femme solitaire », a rencontrées dans un monde de chefs d’État et de gouvernement essentiellement masculin.

L’organisation de ces funérailles d’État, les premières depuis celles de Winston Churchill en 1965, représente pour la police de Londres un défi sans précédent, et mobilise des milliers de policiers et militaires. En coulisses, les répétitions battent leur plein, et aux abords de Westminster Hall, les plus ardents campaient déjà pour s’assurer une place de choix.

« Je veux dire adieu à la reine, elle a été une tellement bonne souveraine, merveilleuse. Un exemple pour nous tous. »

2 000 invités

Ce lundi matin, 2 000 invités se retrouveront à l’abbaye de Westminster, où Elizabeth II a été couronnée en 1953, pour le point d’orgue des hommages rendus dans une immense émotion depuis la mort de la monarque à la popularité planétaire. Ce sera « la meilleure des cérémonies funéraires », a prévenu sur la BBC l’ancien archevêque d’York John Sentamu. La reine ne voulait pas un service « ennuyeux », a-t-il ajouté, annonçant une cérémonie qui « élève » et « réchauffe » les cœurs.

À 10h44, la dépouille sera déplacée du palais de Westminster à l’abbaye de Westminster pour les funérailles nationales, en présence de 500 invités étrangers. Les invitations ont dû être limitées à un représentant par État, et son conjoint, en plus d’une douzaine de familles royales. Margrethe du Danemark, lointaine cousine d’Elizabeth II et désormais seule femme régnante en Europe, sera ainsi présente. Tout comme l’empereur Naruhito du Japon, dont c’est le premier déplacement depuis son accession au trône en 2019, ou le controversé Mohammed ben Salman, prince héritier d’Arabie saoudite. Vladimir Poutine, devenu persona non grata depuis l’invasion de l’Ukraine, n’a en revanche pas été invité. La Biélorussie, la Birmanie, la Syrie, le Venezuela ou encore l’Afghanistan ont aussi été écartés. Les services diplomatiques britanniques auront passé des heures sur le placement des invités pour respecter les sensibilités et les relations de tous, indique notre correspondante à Londres, Émeline Vin.

La cérémonie, qui commencera à 11h, sera menée par le doyen de Westminster David Hoyle. Le sermon sera délivré par l’archevêque de Canterbury Justin Welby, chef spirituel de l’Église anglicane dont le souverain britannique est le chef formel. La cérémonie s’achèvera une heure plus tard par l’hymne national et une lamentation musicale.

Le cercueil de la reine sera tiré sur l’affût de canon en direction de Wellington Arch à Hyde Park Corner, près du palais de Buckingham, suivi par la famille royale et une procession, au son de Big Ben et de coups de canon. Il sera ensuite placé dans le corbillard royal pour prendre la direction de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Londres, où il doit arriver à 15h06 précises. Après une cérémonie funèbre, la souveraine sera inhumée lors d’une cérémonie privée dans la soirée à la chapelle Saint-Georges, dans l’enceinte du château, où reposent déjà ses parents et son époux Philip.

Pour cet événement historique, un jour férié a été décrété et de nombreuses entreprises, dont quasiment tous les supermarchés, garderont le rideau baissé.

RFI

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