Pêche, Aires Marines Protégées et Accord BBNJ : Casablanca accueille une rencontre stratégique pour l’avenir des océans africains
Pêche, Aires Marines Protégées et Accord BBNJ : Casablanca accueille une rencontre stratégique pour l’avenir des océans africains

AFRICALEADNEWS – (Casablanca) Les 18 et 19 mai 2026, la ville de Casablanca accueille une importante rencontre régionale consacrée à la compréhension de la place de la pêche et des Aires Marines Protégées dans la mise en œuvre de l’accord BBNJ Agreement au sein de la région COMHAFAT.
Cette rencontre intervient dans un contexte international marqué par l’urgence de renforcer la gouvernance des océans, de protéger la biodiversité marine et de préparer efficacement la prochaine Conférence des Parties (COP) du traité BBNJ.

Durant deux jours, experts, représentants gouvernementaux, diplomates, organisations régionales de pêche et partenaires techniques échangent autour des défis liés à la conservation des ressources halieutiques, à la gestion durable des pêcheries et au rôle des Aires Marines Protégées dans la préservation des écosystèmes marins.
Dans son intervention d’ouverture, le représentant du Royaume du Maroc a rappelé que « la protection de la biodiversité marine ne peut être dissociée des impératifs de développement durable et de sécurité alimentaire des populations africaines ». Il a insisté sur la nécessité d’un équilibre entre exploitation durable des ressources halieutiques et conservation des milieux marins fragiles.
Le responsable marocain a également souligné l’engagement du Royaume en faveur de la coopération régionale et de la gouvernance concertée des océans, rappelant que le Maroc demeure un acteur majeur de la diplomatie bleue en Afrique Atlantique.
Prenant la parole à son tour, le Secrétaire exécutif de COMHAFAT a mis l’accent sur les risques croissants qui pèsent sur les ressources marines : surpêche, pollution, changement climatique et dégradation des habitats marins.
Selon lui, l’accord BBNJ représente une opportunité historique pour les États africains de renforcer leur présence dans la gouvernance internationale des océans et de mieux défendre leurs intérêts dans les discussions mondiales sur la haute mer.

« Les Aires Marines Protégées ne doivent pas être perçues comme des obstacles à la pêche, mais comme des instruments de restauration des écosystèmes et de durabilité des ressources halieutiques », a-t-il déclaré, appelant les États membres à accélérer la préparation technique et juridique de la future COP BBNJ.
L’ambassadeur du Japon au Maroc a, pour sa part, salué la dynamique régionale engagée par la COMHAFAT autour des questions de biodiversité marine. Le diplomate japonais a réaffirmé l’attachement de son pays à une gouvernance des océans fondée sur la science, la coopération internationale et l’utilisation durable des ressources marines.
Il a également évoqué l’importance du renforcement des capacités, du transfert de technologies et de la coopération scientifique pour permettre aux pays africains de participer pleinement à la mise en œuvre de l’accord BBNJ.
Au cours des différentes communications techniques, les participants ont longuement débattu des opportunités offertes par le traité BBNJ, notamment en matière : de création d’Aires Marines Protégées en haute mer ; d’accès aux ressources génétiques marines ; de partage équitable des bénéfices ; d’évaluations d’impacts environnementaux ; et de renforcement des capacités des pays en développement.
Plusieurs experts ont également insisté sur la nécessité pour les États africains de parler d’une même voix lors des prochaines négociations internationales afin de défendre les intérêts du continent dans la gouvernance des espaces marins situés au-delà des juridictions nationales.
Les échanges ont enfin permis de préparer les grandes orientations de la prochaine COP du traité BBNJ, considérée comme une étape décisive pour transformer les engagements politiques en mécanismes concrets de protection de la biodiversité marine mondiale.
Créée en 1989, COMHAFAT regroupe 22 États africains riverains de l’Atlantique et œuvre pour une gestion durable et concertée des ressources halieutiques ainsi que pour la préservation de l’environnement marin.



