Environnement

Dakar : Khady Camara mobilise les femmes pour une justice climatique

Dakar : Khady Camara mobilise les femmes pour une justice climatique

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) La marche « historique des femmes pour le climat au Sénégal », s’est tenue samedi à Dakar, à quelques jour de l’ouverture des négociations internationales de la COP31 à Antalya, en Turquie pour démontrer que : les citoyennes du continent africain se mobilisent contre les changements climatiques et que c’est bien l’affaire de tous. Organisée par l’association Vacances Vertes présidée par Khady Camara, cette rencontre annuelle vise à « réclamer une justice climatique fondée sur l’action et la solidarité » à l’approche des négociations internationales.

Des femmes du Sénégal et d’Afrique, mobilisées

La 6e édition de la marche « historique des femmes pour le climat au Sénégal » a mobilisé les femmes venues de Dakar et des régions du pays. Au cours de cet événement pour une justice climatique, les marcheuses ont souligné la vulnérabilité des communautés face à la salinisation des sols, à l’acidification et à la menace sur la sécurité alimentaire. Elles demandent des engagements concrets pour la transition écologique et une répartition équitable des ressources en vue des prochaines conférences climatiques.

« Face à l’urgence climatique, aucune femme à côté »

Selon Khady Camara, écoféministe et présidente de l’Association Vacances Vertes, la crise climatique est à la jonction d’une crise sociale et environnementale. « Si les femmes du monde rural se mobilisent, c’est parce que la crise climatique est à la jonction d’une crise sociale et environnementale, qu’elle pose la question des emplois, de la pauvreté, de la précarité énergétique, de la démocratie, de l’absence de solidarité, qu’elle renforce les inégalités et discriminations existantes », a-t-elle souligné.

Elle ajoute : « Les indicateurs climatiques du continent, du pays en particulier sont rouges, et la frange vulnérable s’enfonce dans la pauvreté. Les droits fondamentaux des femmes sont ne sont pas toujours respectés. Ils sont souvent violés (au-delà des contraintes sociales, juridiques et culturelles, elles ont un accès plus limité que les hommes à la terre, aux ressources productives et financières, à l’éducation, à la santé, à la vulgarisation rurale, aux marchés, aux initiatives d’adaptation au climat et aux opportunités d’emploi) en raison d’un modèle économique (libérale) hors de contrôle. Je veux parler du libéralisme fiscal ».

Vibrant de la volonté de changer leurs actions du quotidien, ces femmes venues notamment du monde rural sénégalais et africain, sont engagées pour une justice climatique. « Au moment où il sera question, dans quelques jours, de parler de la mise en œuvre et de l’action concrète, les phénomènes extrêmes anéantissent des vies et des terres cultivées, agissant comme un multiplicateur de misère pour nos communautés qui luttent pour survivre. Dans de nombreux pays de la région, les prix des denrées alimentaires sont toujours en hausse par rapport à la moyenne sur cinq ans. Nos pays respectifs ont connu des précipitations supérieures à la moyenne et des inondations dévastatrices, faisant des centaines de victimes, bouleversant les moyens de subsistance », a d’emblée expliqué Khady Camara.

Pour l’écoféministe, ces « hotspots » ont déplacé des dizaines de milliers de personnes de leur foyer et décimé plus d’un million d’hectares de terres cultivées, dans une région déjà en proie à une crise de la faim sans précédent.

Pour démontrer les enjeux, la présidente de l’association Vacances Vertes renseigne que le sixième rapport d’évaluation du GIEC pour l’Afrique de l’Ouest met en évidence une vulnérabilité critique. Et la région subit déjà des transformations climatiques majeures qui menacent directement l’économie, la sécurité alimentaire et les infrastructures.

Face à ces menaces, Khady Camara exige une COP31 ou la priorité sera donnée à : l’électrification mondiale (« 35 by 35 ») ; le financement climatique et la transition juste ; l’opérationnalisation du Nouvel objectif collectif quantifié (NCQG) lors des sommets précédents que la COP31 doit concrétiser la mise en œuvre et la répartition de ces fonds de manière juste ; le soutien aux pays vulnérables ; le Fonds pour les pertes et préjudices ; la sortie accélérée des énergies fossiles, entre autres.

Dans la lignée des engagements de l’Accord de Paris, elle veut que les négociations portent sur l’établissement de calendriers contraignants pour supprimer les subventions aux énergies fossiles et organiser la baisse progressive de leur production.

A travers cette marche, les femmes sénégalaise et africaines ont compris que l’espoir c’est l’action. « Il est non seulement nécessaire, mais impératif de revoir nos modes de production et de consommation. Une évidence pour s’engager résolument dans la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre mais aussi dans la protection de nos ressources et de nos écosystèmes », a insisté Khady Camara

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