
AFRICALEADNEWS – (RDC) Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a placé son adresse à la nation en fin août dernier sous le signe du dialogue national inclusif, présenté comme une initiative souveraine, conçue par et pour les Congolais. Objectif : renforcer la cohésion nationale et jeter les bases d’une refondation de l’État.
Ce dialogue, limité à trois mois, s’ouvrira par des consultations provinciales dans les 26 provinces, avant de se poursuivre par des assises nationales à Kinshasa. Les travaux devront aboutir à un pacte national pour la paix et la refondation de l’État, assorti d’une matrice politique précisant engagements, calendrier et résultats mesurables.
Le président a insisté : il ne s’agit ni d’une négociation avec « l’agresseur », à travers ses supplétifs de l’AFC-M23, ni d’une remise en cause du scrutin de 2023, ni d’un prétexte à suspendre les institutions. « C’est par la transparence que nous reconstruirons la confiance », a martelé Félix Tshisekedi, annonçant un mécanisme de suivi avec rapports publics périodiques. Les confessions religieuses seront associées comme autorités morales, sans pour autant dicter le format. « C’est à l’État qu’il revient de conduire l’État », a-t-il insisté.
Le président a affirmé que le dialogue ne commencera pas dans les hôtels de Kinshasa mais dans le Congo profond, au cœur des territoires. Des forums préliminaires réuniront populations, autorités locales, élus, partis, société civile, chefs coutumiers, Églises, universitaires et diaspora. « Le peuple ne sera plus convoqué pour ratifier ce qui aura été décidé sans lui », a-t-il lancé. En parallèle, le gouvernement préparera des mesures de confiance respectant la séparation des pouvoirs et garantissant les droits des victimes.
Tshisekedi appelle ses compatriotes, y compris ceux en marge de l’unité nationale, à renouer avec la République. « Nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la nation tout en prenant les armes contre elle », a-t-il averti, rejetant toute légitimité issue de la force militaire.
Deux ordonnances suivront : l’une instituant le comité d’organisation, l’autre convoquant officiellement le forum et fixant ses règles. Le chef de l’État s’engage à garantir personnellement l’indépendance et la sécurité du processus.
Bona Masanu



