
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Réagissant avec gravité aux révélations fracassantes de la Cour des comptes, l’homme politique, élu local et ancien ministre Franck Nguema a pris la parole le 4 septembre 2026 pour dénoncer la gestion opaque des fonds publics. Alors que la haute juridiction financière vient d’évaluer à 1 700 milliards de francs CFA le montant des débets et amendes à réclamer à des agents de l’État et autres prestataires, l’ancien membre du gouvernement a exigé des poursuites rigoureuses et une refonte globale du système d’aide sociale, plaçant le sort des populations les plus vulnérables au cœur de son intervention.
Ce choc financier frappe d’autant plus durement qu’il touche directement des mécanismes essentiels du quotidien, à l’instar de la CNAMGS, des évacuations sanitaires ou du fonds des Gabonais économiquement faibles. Rappelant que plus d’un citoyen sur trois vit toujours sous le seuil de pauvreté, Franck Nguema a tenu à souligner que derrière ces chiffres astronomiques, représentant près du tiers du budget de l’État, se cachent avant tout des souffrances humaines bien réelles et des vies brisées par le manque d’assistance publique. « Nous ne parlons pas simplement d’erreurs écrites dans les rapports. Ici, nous parlons d’argent public, de l’argent des contribuables et de responsabilité financière », a-t-il déclaré.
Saluant la volonté de transparence affichée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’élu local estime que le pays ne peut plus se contenter de simples constats. Pour réformer durablement la gouvernance, il préconise des mesures concrètes comme la numérisation complète des prestations de santé afin d’éviter les actes fictifs, la mise en place d’un registre social unifié et le recouvrement sans concession des sommes détournées. « Les audits ont ouvert la porte, il faut maintenant aller jusqu’au bout : contrôler, recouvrir, sanctionner lorsque les responsabilités sont établies, réformer, prévenir les nouvelles fuites de fonds et surtout rendre compte aux Gabonais », a-t-il martelé.
En inscrivant son combat dans la perspective d’une justice sociale renouvelée, Franck Nguema rappelle que l’intégrité de l’État constitue le seul rempart efficace contre la précarité. Alors que le pays cherche à consolider ses fondations, la fermeté avec laquelle la justice et l’exécutif donneront suite à ces audits servira de test décisif pour mesurer la capacité du Gabon à solder définitivement les comptes de l’impunité.
Vigny Ngami-Tsiba



