Gabon : Une enquête judiciaire ouverte sur l’affaire Jeff Blampain après la saisine de SOS Prisonniers Gabon
Gabon : Une enquête judiciaire ouverte sur l’affaire Jeff Blampain après la saisine de SOS Prisonniers Gabon

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Saisi par l’organisation SOS Prisonniers Gabon, le ministre de la Justice, garde des sceaux et chargé des droits humains, Augustin Émane, a ordonné au procureur de la République de faire toute la lumière sur le dossier Jeff Blampain. Cet activiste très critique vis-à-vis du pouvoir de Libreville, qui dénonce vivement l’arrestation de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze et réclame sa libération, accuse des agents des services secrets d’une arrestation arbitraire et d’une détention de dix heures subies au mois de juin dernier, dans des conditions éprouvantes et en présence de son fils de trois ans.
Ce jour-là, aux environs de 11 heures, Jeff Blampain est interpellé dans les locaux de TaxiGab par des éléments de la Direction générale des services spéciaux (DGSS). Retenu jusqu’en début de soirée avec son très jeune enfant, il affirme n’avoir eu accès ni à de l’eau ni à de la nourriture avant d’être soumis à un interrogatoire sans qu’aucun motif légal ne lui soit notifié. Il soutient être « victime, depuis plusieurs années, d’actes de harcèlement, de menaces et de persécutions qu’il estime liés à l’expression de ses opinions politiques », ont rappelé les responsables de l’ONG.
Inquiète de la gravité des accusations et de la présence d’un enfant en bas âge lors de cette opération, la structure citoyenne avait alerté le ministère de la Justice le 6 juillet. La réponse de la chancellerie est tombée le 25 août : le ministre Augustin Émane a fait jouer l’article 17 du Code de procédure pénale pour prescrire l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire par le parquet. « Cette décision traduit, à nos yeux, la nécessité de faire prévaloir la loi, de garantir l’égalité de tous devant la justice et de renforcer la protection des droits humains », s’est réjouie l’organisation de défense des droits humains.
L’ONG attend désormais que la justice mène ses investigations avec une entière indépendance afin d’établir les responsabilités pénales ou disciplinaires engagées. « Notre démarche n’est pas de condamner avant de juger, mais de demander que chaque allégation soit sérieusement examinée et que nul ne soit placé au-dessus de la loi », a conclu SOS Prisonniers Gabon.
Vigny Ngami-Tsiba



