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Campagne agricole 2026-2027 : les semences et engrais bien disponibles, mais la pluviométrie inquiète à Kédougou

Campagne agricole 2026-2027 : les semences et engrais bien disponibles, mais la pluviométrie inquiète à Kédougou

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) À Kédougou, la campagne agricole 2026-2027 avance à un rythme globalement satisfaisant, malgré une situation pluviométrique contrastée. La disponibilité des principaux facteurs de production est jugée encourageante, tandis que les services agricoles restent vigilants face aux déficits de pluie enregistrés dans plusieurs localités et à l’apparition de la chenille légionnaire sur le maïs.

La campagne agricole 2026-2027 se poursuit dans un contexte contrasté dans la région de Kédougou. Selon le rapport hebdomadaire n°10 de suivi, couvrant la période du 6 au 12 août 2026, les opérations de mise en place des semences et des engrais affichent des niveaux globalement satisfaisants. En revanche, la situation pluviométrique demeure préoccupante dans plusieurs zones.

Arachide : plus de 466 tonnes de semences réceptionnées

Pour l’arachide, les résultats sont particulièrement encourageants. Sur les 485 tonnes de semences certifiées de la variété 73-33 (R2) prévues, 466,30 tonnes ont été réceptionnées, soit un taux de mise en place de 96,14 %.

La distribution suit également une bonne dynamique avec 420,60 tonnes déjà cédées, correspondant à un taux de cession de 90,20 %.

Les départements de Saraya et Kédougou affichent une mise en place de 100 %, tandis que Salémata atteint 89 %.

Maïs : une distribution encore faible

La situation est plus contrastée pour les autres spéculations. Pour le maïs, 72 tonnes sur les 80 tonnes prévues ont été réceptionnées, soit un taux de mise en place de 90 %. Mais seulement 17 tonnes ont été cédées, ce qui représente un taux de distribution de 22,94 %.

Le manioc affiche, à l’inverse, une performance remarquable. Les besoins prévus pour 80 hectares ont été intégralement réceptionnés, soit un taux de mise en place de 100 %. Les cessions concernent déjà l’équivalent de 40 hectares, soit 50 %.

Riz : des niveaux de disponibilité variables

Sur les cinq variétés de riz programmées, trois sont actuellement disponibles dans la région : BG 90-2, Sahel 108 et Nerica L19.

La variété BG 90-2 affiche une mise en place de 50 %, avec 4 tonnes réceptionnées sur les 8 prévues. La totalité de cette quantité a toutefois déjà été cédée.

La Sahel 108, qui représente le plus gros volume, compte 393 tonnes réceptionnées sur 438,76 tonnes prévues, soit 89,57 %. Sa distribution reste toutefois en retrait, avec 116,80 tonnes cédées, soit 29,72 %.

Pour la Nerica L19, 104 tonnes sur 118 prévues ont été réceptionnées, soit 88,14 %, tandis que 63,90 tonnes ont déjà été distribuées, correspondant à un taux de cession de 61,44 %.

Les variétés ISRIZ 15 et Nerica 6 n’ont, pour leur part, enregistré aucune mise en place à la date du rapport.

Engrais : une disponibilité proche de la couverture totale

Du côté des engrais, les indicateurs sont particulièrement favorables.

La formule 6-20-10 affiche une mise en place de 100 %, avec les 294 tonnes prévues intégralement réceptionnées. Sur ce volume, 163,80 tonnes ont déjà été cédées, soit 55,71 %.

Pour le 15-15-15, les 605 tonnes programmées ont également été entièrement réceptionnées. La cession atteint déjà 537,20 tonnes, soit 88,79 %.

Concernant l’urée 46-00-00, 363 tonnes sur 378 prévues ont été réceptionnées, soit 96,03 %. Les cessions s’établissent à 290,40 tonnes, représentant 80 %.

120 litres de produits phytosanitaires contre la chenille légionnaire

Face aux risques phytosanitaires, les services techniques ont également renforcé les moyens de lutte contre la chenille légionnaire d’automne.

La Direction de la Protection des Végétaux, à travers sa Base phytosanitaire de Missirah, dans la région de Tambacounda, a doté chacun des trois départements de Kédougou de 40 litres de Sultan 480 EC, soit un stock régional de 120 litres.

Le département de Salémata a, en outre, reçu 50 sachets d’Emacot.

La pluviométrie, principal point de vigilance

Si la disponibilité des intrants constitue un motif de satisfaction, la situation pluviométrique appelle davantage de prudence.

Au 12 août, la majorité des 15 postes pluviométriques suivis dans la région affichent des cumuls inférieurs à ceux enregistrés à la même période en 2025.

Les écarts les plus importants sont relevés à Fongolimbi (-294,6 mm), Kédougou météo (-205,2 mm) et Ethiolo (-204,5 mm).

Quelques localités font toutefois exception. Salémata affiche un excédent de 22,5 mm par rapport à 2025, contre 15 mm à Sabodala, tandis que Khossanto présente un écart nul.

Comparée à la normale pluviométrique 1991-2020, la situation reste également contrastée. Salémata (+116,7 mm), Saraya (+118,2 mm) et Bembou (+89,5 mm) enregistrent des excédents.

À l’inverse, les déficits atteignent notamment -49,8 mm à Khossanto et jusqu’à -262,9 mm à Oubadji.

Les services agricoles relèvent ainsi une installation tardive de l’hivernage, en cohérence avec les prévisions saisonnières. Une pause pluviométrique a notamment été observée dans le département de Salémata au cours de la semaine du 30 juillet au 5 août.

Des cultures en évolution, malgré quelques alertes

Sur le terrain, les cultures évoluent à des stades phénologiques différents. Les premières vagues de semis de maïs et d’arachide ont déjà atteint les stades génératifs, tandis que les autres vagues, ainsi que le fonio, le riz, le sorgho et le coton, se situent principalement entre les phases de levée, de croissance et de développement végétatif.

Les travaux d’entretien se poursuivent normalement : désherbage manuel et mécanique, épandage d’engrais et traitements herbicides.

Sur le plan phytosanitaire, la présence de la chenille légionnaire d’automne a été signalée sur le maïs dans les départements de Saraya et Salémata. Les dégâts sont toutefois jugés modérés et la situation reste, selon les services techniques, sous contrôle grâce au suivi phytosanitaire.

Au final, la campagne agricole 2026-2027 affiche une dynamique encourageante en matière de disponibilité des intrants et de conduite des cultures. Mais la faiblesse des cumuls pluviométriques dans plusieurs zones constitue désormais le principal facteur de vigilance pour la suite de l’hivernage.

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