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 Journée mondiale des océans 2026 : « Des aires marines protégées robustes pour notre planète bleue »

 Journée mondiale des océans 2026 : « Des aires marines protégées robustes pour notre planète bleue »

AFRICALEADNEWS – (Sénégal) À l’occasion de la Journée mondiale des océans 2026 célébrée sous le thème « Des aires marines protégées robustes pour notre planète bleue », la CONAPED lance un appel à « Réinventer : audelà du monde que nous connaissons, une nouvelle relation avec nos océans ».

Pour la CONAPED, réinventer notre relation avec les océans signifie rompre avec les pratiques et les décisions qui ont contribué à l’épuisement progressif des ressources halieutiques. Réinventer, c’est placer la durabilité, la transparence, la science et l’intérêt général au cœur de la gouvernance des pêches. Le Sénégal a l’opportunité de démontrer que la protection des océans et le développement économique ne sont pas incompatibles.

Des aires marines protégées robustes, associées à une gestion transparente, légale et durable des pêches, constituent l’un des meilleurs investissements pour la sécurité alimentaire, l’emploi et la prospérité des générations futures. Cependant, des aires marines protégées robustes ne se résument pas à des limites tracées sur une carte.

Elles exigent des politiques publiques cohérentes. Or, les AMP et les ZPP sont principalement établies dans les zones réservées à la pêche artisanale, où les communautés ont accepté de renoncer à des espaces parmi les plus productifs afin de contribuer à la restauration des ressources et à la réduction de l’effort de pêche dans la zone côtière.

Les pêcheurs ne peuvent être durablement convaincus de renoncer à des zones de pêche productives au profit des AMP et des ZPP si, dans le même temps, les autres zones continuent de perdre leur productivité sous l’effet d’une pression de pêche excessive. La conservation repose sur un contrat social : les sacrifices consentis aujourd’hui doivent permettre l’abondance de demain.

Toute décision qui fragilise les ressources des zones ouvertes à la pêche menace ce contrat et affaiblit la crédibilité des politiques de conservation. Comment justifier alors l’introduction de nouveaux chalutiers industriels dans cette même zone pour cibler les stocks démersaux les plus fragiles, alors que les avis scientifiques les plus sérieux recommandent leur protection ? Cette décision contredit les sacrifices consentis par les acteurs, les objectifs des AMP et des ZPP, ainsi que les efforts engagés depuis près de vingt ans pour restaurer les ressources halieutiques.

L’argument de la sécurité alimentaire est d’autant moins convaincant que le potentiel exploitable invoqué d’environ 2 900 tonnes représente une quantité marginale au regard d’une consommation nationale estimée à près de 200 000 tonnes par an.

Dans le même temps, le Sénégal exporte chaque année plus de 230 000 tonnes de produits halieutiques. 1 CN/UFHP La CONAPED s’étonne que le Ministre des pêches sortant invoque un « profond sens de responsabilité » dans la publication d’une liste des navires de pêche industrielle autorisés à opérer dans les eaux sénégalaises, en oubliant de diligenter l’audit sur l’origine de ces navires et comment ils ont fait pour intégrer la flotte sénégalaise et disposer de licences en cours de validité.

La CONAPED rappelle que la transparence, l’État de droit et la redevabilité sont au cœur des engagements pris devant les citoyens sénégalais.

Le Gouvernement ne peut donc rester indifférent lorsqu’une mesure menaçant des années de travail est prise et que cette mesure est décriée par les principales organisations du secteur de la pêche. Une gouvernance crédible ne se mesure ni aux discours ni aux seuls rapports transmis par les ministres, mais à la capacité des autorités à vérifier les faits, à exercer leur devoir de contrôle et à corriger les actes contraires à la légalité, à la transparence et à l’intérêt général.

C’est la raison pour laquelle la CONAPED exige que toute la lumière soit faite sur le dossier de levée de gel et l’attribution de nouvelles licences sur les espèces démersales côtières, que les responsabilités soient situées, et les mesures de corrections nécessaires prises.

Réinventer notre relation avec les océans, c’est également réinventer la gouvernance des pêches : écouter les communautés, respecter la science, appliquer la loi et protéger les zones côtières les plus sensibles plutôt que d’y accroître la pression de pêche. En cette Journée mondiale des océans, la CONAPED lance un appel solennel aux autorités sénégalaises afin de : Mener une enquête indépendante, impartiale et approfondie sur les conditions, les circonstances et les réelles motivations ayant conduit à la levée du gel sur les espèces démersales côtières et la délivrance des licences récemment accordées ; Maintenir le principe de précaution et le gel des licences tant que les conditions scientifiques, techniques et de gouvernance ne garantissent pas la durabilité des ressources ; Ouvrir un dialogue national inclusif sur l’avenir des pêches et la contribution du secteur à la souveraineté alimentaire ; Renforcer la transparence, la cogestion et le respect des recommandations scientifiques dans toutes les décisions relatives à l’exploitation des ressources halieutiques ; Respecter les 13 points d’engagements de la charte pour une pêche durable.

Le Sénégal a l’opportunité historique de montrer qu’une autre voie est possible : celle d’une économie bleue responsable, d’une gouvernance transparente et d’une exploitation durable des ressources marines. Réinventer notre relation avec les océans commence par des choix courageux. L’avenir de nos océans ne se construit pas dans l’augmentation de la pression sur des ressources déjà fragiles, mais dans leur protection, leur restauration et leur gestion durable.

Africaleadnews

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