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Gabon : Bertrand Zibi dénonce la « comédie » de Sylvia Bongo sur France 24
Gabon : Bertrand Zibi dénonce la « comédie » de Sylvia Bongo sur France 24

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’ancien député et opposant emblématique a vigoureusement réagi sur le plateau de France 24 aux récentes accusations de torture formulées par l’ex-Première dame, opposant le faste démesuré de l’ancien régime aux souffrances réelles vécues dans les geôles d’Ali Bongo Ondimba.
Invité récemment par Marc Perelman pour répondre aux déclarations de Sylvia Bongo, qui affirmait récemment avoir été séquestrée et avoir vu son fils Noureddine torturé, Bertrand Zibi Abeghe n’a pas mâché ses mots. Désormais conseiller stratégique de l’Union des bâtisseurs, le parti fondé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ancien prisonnier politique voit dans cette sortie médiatique une mise en scène indécente de la part de celle que les Gabonais surnommaient, selon lui, « la sorcière Ambianda ».
Un déni de réalité et des souvenirs de « régente »
Pour Bertrand Zibi Abeghe, les larmes de l’ancienne famille présidentielle ne sont que pure diversion. Il a rappelé avec amertume l’époque où Sylvia Bongo exerçait, d’après ses dires, un contrôle absolu sur le palais, allant jusqu’à interdire l’accès à la propre famille d’Ali Bongo après son AVC. « Cette dame, elle a tellement fait de mal à notre pays », a-t-il martelé, évoquant également des épisodes de dépenses somptuaires à Paris alors que le peuple souffrait.
Face aux dénégations de l’ex-Première dame concernant les détournements et les mauvais traitements, l’invité a fustigé une amnésie sélective. « La particularité avec cette dame, ce que je lui reconnais, c’est qu’elle est bonne actrice. C’est de la comédie tout ça », a-t-il déclaré, qualifiant ses prestations médiatiques de « comédie de très mauvaise facture ».
Le calvaire des geôles sous l’ère Bongo
Interrogé sur la possibilité que Noureddine Bongo ait pu subir des sévices, Bertrand Zibi a préféré mettre en balance son propre vécu et celui d’autres figures de l’opposition. Il a longuement décrit l’enfer qu’il a traversé pendant six ans, après son arrestation au QG de Jean Ping en août 2016. De l’immersion dans une fosse septique pendant trois jours à son incarcération au quartier « CB » — autrefois réservé aux condamnés à mort — l’opposant a dressé un portrait glaçant de la répression.
« J’ai été torturé au point où j’ai fait trois fois différents coma », a-t-il confié, ajoutant avoir passé plus de quatre ans enfermé avec des malades mentaux dans des conditions inhumaines. Selon lui, ces ordres émanaient directement du sommet de l’État : « Les ordres étaient directement donnés par Ali Bongo ». Il a également cité les cas de Brice Laccruche Alihanga, ayant perdu la moitié de sa masse corporelle, ou du syndicaliste Jean-Rémy Yama, pour illustrer ce qu’il considère comme les véritables victimes du régime déchu.
La quête de vérité sur le 31 août 2016
L’entretien s’est achevé sur les événements sanglants ayant suivi l’élection présidentielle de 2016. Bertrand Zibi conteste formellement le bilan officiel de trois morts, affirmant avoir vu « des dizaines et des dizaines de morts » lors de l’assaut du QG de Jean Ping, estimant le total à « 100 morts minimum ».
Le Conseiller stratégique du parti d’Oligui Nguema fonde désormais ses espoirs sur l’ouverture des archives françaises pour que toute la lumière soit faite sur cette période sombre. « La vérité finira par sortir », a-t-il conclu, appelant le Quai d’Orsay à lever le secret sur les centaines de documents liés aux exactions de 2016, afin que justice soit rendue au peuple gabonais.
Vigny Ngami-Tsiba



