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Gabon : Le front de l’opposition dresse un réquisitoire contre « l’autocratie » et les « mensonges d’État »

Gabon : Le front de l’opposition dresse un réquisitoire contre « l’autocratie » et les « mensonges d’État »

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Réunis le 7 mars 2026 à la Chambre de commerce de Libreville, la Coalition pour la nouvelle République (CNR) et ses alliés, dont les partis Ensemble pour le Gabon d’Alain-Claude Bilie-By-Nze et Réagir de Michel Ongoundou Loundah, ont fustigé une gestion qu’ils jugent désormais « inhumaine » et « illégitime » après trois ans de pouvoir militaire.

Le ton solennel adopté par Mouity Nzamba, président du Parti gabonais du progrès (PGP), membre de la CNR, et lecteur de la déclaration, ne laissait place à aucune ambiguïté sur la rupture consommée entre le pouvoir actuel et une partie de la classe politique. Près de trois ans après le coup de force du 30 août 2023, l’opposition estime que l’espoir initial a été trahi par un pouvoir qui a « reproduit et même amplifié les travers du système qu’il a renversé ». Pour les partis de l’opposition, le Gabon est entré dans une ère de « mensonges d’État érigés en mode de gouvernance », où les promesses sociales se brisent sur l’autel d’une gestion budgétaire jugée « expansionniste » et opaque.

Le premier volet de ce réquisitoire porte sur la faillite des engagements économiques et l’explosion de la dette publique. Mouity Nzamba a rappelé avec amertume la promesse présidentielle de créer « 163 000 emplois au long de l’année 2025 », alors que le chômage des jeunes reste une plaie béante et que « 140 000 dossiers déposés à la fonction publique » sont restés sans suite. Sur le plan financier, l’opposition alerte sur une dette qui devrait « bondir à 80,4 % du PIB en 2026 », tout en s’étonnant que cette manne serve à financer le « train de vie exagérément élevé des gouvernants » plutôt que des projets structurants. Cette déconnexion se traduit, selon le texte, par un pays devenu celui du « coupé-coupé », où l’électricité, l’eau, les bourses et le travail font cruellement défaut.

La situation sociale est décrite comme « hideuse », marquée par une inflation galopante et une déliquescence des services publics de base. L’opposition dénonce le coût prohibitif de la santé, affirmant que « pour déplacer un malade entre deux services hospitaliers publics, les parents sont tenus de louer l’ambulance de l’hôpital moyennant 70 000 francs ». Ce tableau sombre s’étend à la gestion de la cité, où les déguerpissements violents sans relogement sont qualifiés de « campagnes d’assainissement inhumain ». Parallèlement, l’affaire Nazih, du nom de ce ressortissant libanais ayant fait chanter le chef de l’État, jamais extradé malgré les annonces officielles, est citée comme le symbole d’un « amateurisme déconcertant » au sommet de l’État.

Enfin, sur le plan politique, la CNR et ses alliés dénoncent une dérive autocratique gravée dans la Constitution de décembre 2024. Le texte est présenté comme un instrument au service exclusif d’un homme cumulant toutes les fonctions régaliennes, avec une absence totale de responsabilité devant le peuple. La coalition fustige également une « liquidation de la démocratie » par le harcèlement des médias et la suspension des réseaux sociaux par la HAC. « Nous n’acceptons pas que le coup d’État du 30 août 2023 ait simplement servi à remplacer un système prédateur par un autre plus militarisé », a conclu Mouity Nzamba, appelant les Gabonais à un « large front uni » pour restaurer la dignité nationale.

Face à ce constat d’un pouvoir jugé à bout de souffle, l’on s’achemine désormais vers un front élargi de l’opposition. Alimentée par la grogne sociale croissante face aux réponses du pouvoir devant certaines dérives, cette plateforme pourrait gagner de plus en plus de terrain, imposant ainsi un nouveau rapport de force là où l’histoire jugera les responsabilités assumées en ces heures décisives.

Vigny Ngami-Tsiba

 

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