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Suspension des réseaux sociaux au Gabon : Bilie-By-Nze dénonce un « excès de pouvoir » de la HAC

Suspension des réseaux sociaux au Gabon : Bilie-By-Nze dénonce un « excès de pouvoir » de la HAC

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’ancien Premier ministre et président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) est monté au créneau ce mercredi 18 février 2026 pour contester la légalité de la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de couper l’accès aux plateformes numériques.

Par un communiqué publié hier mardi 17 février, la HAC a suspendu « jusqu’à nouvel ordre » l’accès aux réseaux sociaux, paralysant ce mercredi le quotidien et l’économie des Gabonais. Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, cette mesure brutale marque une dérive inquiétante de l’institution qui, sortant de son cadre légal, s’érige désormais en instrument de répression.

L’ancien chef du gouvernement fonde son argumentation sur une analyse rigoureuse des textes en vigueur, notamment la loi n°014/2023 du 3 juillet 2023. Selon lui, si la HAC dispose de prérogatives pour encadrer les médias et sanctionner des manquements identifiés, elle n’a aucune compétence pour priver une nation entière de ses moyens de communication. « La HAC est un régulateur. Pas un ministère de la sécurité », a-t-il martelé, précisant que « couper les réseaux sociaux, ce n’est pas sanctionner un média. C’est punir tout un pays, indistinctement ».

L’opposant souligne que la suspension d’internet relève de la police administrative générale, liée à des situations exceptionnelles comme l’état d’urgence ou des menaces graves à la sûreté nationale, des domaines qui échappent totalement aux compétences d’une autorité de régulation sectorielle. Pour lui, le Code de la communication de 2016 est clair : les sanctions doivent viser des auteurs ou des contenus précis, et non constituer une « punition collective » qui entrave le travail des journalistes, l’activité des entreprises et la vie des familles.

Au-delà de l’aspect technique, c’est la base légale de cette décision qui est remise en cause par l’ancien Premier ministre. « La HAC ne régule plus, elle censure en toute illégalité », affirme-t-il. Il rappelle que dans un État de droit, toute restriction des libertés doit être proportionnée et appuyée par un texte explicite, ce qui ferait défaut dans le cas présent. Pour lui, cette mesure « ressemble moins à une régulation qu’à une mise sous silence » et bafoue les engagements internationaux du Gabon, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Face à ce qu’il qualifie d’arbitraire, le président d’Ensemble pour le Gabon appelle à une contestation devant les juridictions compétentes, notamment le juge administratif et la Cour constitutionnelle, pour « excès de pouvoir ». Il se refuse par ailleurs à croire que la HAC ait pu agir de façon isolée. « Il est juridiquement et politiquement invraisemblable qu’une décision aussi grave ait été prise par la HAC sans l’aval de la plus haute autorité de l’État », a-t-il soutenu, avant d’exhorter « le véritable donneur d’ordre à faire cesser ce trouble dans les plus brefs délais »

Vigny Ngami-Tsiba

Africaleadnews

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