
AFRICALEADNEWS – (Gabon) La ministre de la Fonction publique a tenu une mise au point le 7 septembre pour recadrer la question des 1 500 postes budgétaires réclamés par les membres du Mouvement national des visionnaires du Gabon (MNVG) rassemblés devant son ministère, en opposant la réalité des textes et des besoins de l’État aux attentes du collectif.
Revenant d’abord sur les échanges initiaux avec ce mouvement, elle a rappelé que le chef de l’État avait invité ces jeunes à s’orienter vers la création d’activités, soutenue par une enveloppe de 60 millions de francs CFA et des facilités auprès de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI). « Jusqu’aujourd’hui, il n’y a aucune nouvelle de ces entreprises qui auraient dû être créées pour leur permettre d’avoir des activités génératrices de revenus », déplore Laurence Ndong.
Des dossiers jugés inadaptés aux besoins de l’État
S’agissant des postes prévus pour l’Éducation nationale et la Santé (750 chacun), le ministère met en avant l’inadéquation flagrante entre les candidatures reçues et les exigences des secteurs concernés. La limite d’âge dépassée (plus de 35 ans) et des diplômes hors sujet figurent parmi les principales anomalies relevées. « Vous avez ici archéologie, ça c’est ceux qui ont déposé à l’Éducation nationale, archéologie, QHSE, droit public, gestion, protection et promotion de l’environnement, anthropologie, logistique-transport, comptabilité, finance, audit (…). On a là des profils qui ne correspondent pas du tout aux métiers de l’éducation, dans le domaine de l’Éducation nationale », détaille le membre du gouvernement.
Au-delà des parcours universitaires en décalage avec les besoins des classes ou des hôpitaux, l’examen des dossiers montre aussi une sous-qualification marquée chez une partie des demandeurs. « Certains n’ont que le bac, aucune autre formation derrière. Certains ont même déposé des dossiers avec des certificats ou des attestations de présence à une formation. Certains ont même déposé des dossiers uniquement avec le permis de conduire », révèle la ministre.
Pour l’exécutif, l’État ne saurait assouplir ses règles de recrutement sous la pression de la rue. « La fonction publique n’est pas une passoire ! On ne peut pas venir faire du tapage au motif que le président nous a donné des postes budgétaires, donc qu’il faut prendre le tout-venant. Ça ne peut pas se faire », tranche fermement Laurence Ndong. Rappelant que le transfert des dossiers par les ministères sectoriels ne constitue pas un accord automatique, elle souligne que la maîtrise des compétences demeure le seul critère d’accès aux métiers de l’enseignement. « Celui qui a fait culture et relations internationales ici, au niveau licence, on le prend pour le mettre dans quelle salle de classe ? », s’interroge la ministre.
Le retour du concours comme règle républicaine
Afin d’assurer l’égalité d’accès pour l’ensemble des chercheurs d’emploi du pays, le gouvernement entend remettre le concours au cœur du système d’embauche. « Si l’on met à disposition des postes budgétaires pour les chômeurs, la voie d’entrée par excellence à la fonction publique, c’est le concours. C’est le concours ! », martèle la ministre de la Fonction publique, avant d’ajouter que « le recrutement sur titre est une exception qui malheureusement est devenue la règle ».
En réaffirmant la primauté du concours et l’exigence d’adéquation entre formation et emploi, la mise au point de la ministre Laurence Ndong ferme la voie aux intégrations directes sans contrôle, tout en rappelant les demandeurs d’emploi au respect du cadre réglementaire.
Vigny Ngami-Tsiba



