Gabon : L’arroseur arrosé, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou face au miroir de sa propre gestion à l’AGASA
Gabon : L’arroseur arrosé, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou face au miroir de sa propre gestion à l’AGASA

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le Directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, a publié le 10 juillet un message sur ses réseaux sociaux pour annoncer : « Savoir et expérience. Ce matin, j’anime une conférence, à une dizaine de cadres dirigeants sur le thème : Comment manager une organisation en période de trouble ? ». Une posture de donneur de leçons qui a immédiatement provoqué une mise au point méthodique de l’analyste politique gabonais Jean Kevin Ngadi, tant le patron de l’AGASA brille aujourd’hui par une gestion contestée au sein de sa propre administration.
L’AGASA traverse en effet une zone de fortes turbulences sous l’œil attentif des observateurs du continent. Soupçons de malversations financières, gestion scabreuse dénoncée par les partenaires sociaux et management décrié par les activistes : à Libreville, l’autorité du Directeur général ne fait plus l’unanimité. C’est ce décalage flagrant entre le théoricien et le gestionnaire que Jean Kevin Ngadi a démonté en rappelant que « le véritable savoir ne se mesure pas au nombre de conférences que l’on anime ; il se mesure d’abord à la qualité de la gouvernance que l’on laisse derrière soi ».
Pour l’analyste, le Directeur général commet une erreur de ciblage en voulant enseigner ce qu’il ne s’applique pas à lui-même. « Comment prétendre enseigner la gestion des crises lorsqu’on est soi-même au cœur d’une crise managériale qui secoue l’institution que l’on dirige ? », interroge-t-il. Convoquant les grands théoriciens occidentaux et les standards internationaux du management public, de Peter Drucker à Henry Mintzberg, Jean Kevin Ngadi rappelle que l’autoritarisme, la culture du secret et le rejet de la contradiction n’ont pas leur place dans la haute fonction publique, appelant le premier responsable de l’AGASA à la transparence et à la redevabilité.
Cette passe d’armes sur les réseaux sociaux remet brutalement le Directeur général de l’AGASA face à ses propres responsabilités. Alors que la culture de l’exemple et la reddition des comptes sont plus que jamais exigées au sommet des États sur le continent, cette sortie rappelle qu’en matière de management public, les discours les plus brillants ne sauraient masquer durablement les carences d’une gestion quotidienne. Le leadership ne se décrète pas sur Facebook, il s’exerce d’abord dans les bureaux de l’administration.
Vigny Ngami-Tsiba



