
AFRICALEADNEWS – ( Gabon) Pour répondre aux graves pénuries qui frappent le Grand Libreville, le gouvernement gabonais déploie l’opération « État d’urgence de l’eau ». Cette réponse immédiate fait suite à une rencontre, le 29 juin, entre le président de la République et les agents de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).
Rendue publique le 1er juillet par un communiqué du ministère de l’Énergie et de l’Accès universel à l’eau, cette mission exceptionnelle est placée sous la supervision de la vice-présidence de la République. Conduite sur le terrain avec l’appui des forces de défense et de sécurité, elle mobilise 55 camions-citernes pour ravitailler plusieurs quartiers asphyxiés comme Nzeng-Ayong, Akanda, Owendo, Akébé, Glass, Lalala, Bikélé et le centre-ville.
Au-delà du déploiement logistique et de la mise en place de numéros verts, le gouvernement frappe un grand coup sur les tarifs. Le prix de la livraison d’une cuve d’eau s’effondre à 3 000 FCFA, contre environ 10 000 FCFA auparavant. Cette baisse drastique vise à soulager le portefeuille des ménages tout en bousculant le marché parallèle qui prospérait sur la crise.
Cependant, ce recours massif aux camions-citernes met surtout en lumière l’incapacité actuelle du réseau classique à approvisionner la capitale. Le véritable défi reste le rétablissement durable des installations de la SEEG. Lors des discussions avec le chef de l’État, les agents de l’entreprise ont identifié plusieurs dysfonctionnements internes et se sont engagés à accompagner les réformes nécessaires. Pour éviter les dérives, des mécanismes de contrôle veilleront à la transparence de cette distribution d’urgence.
En attendant que ces réformes structurelles portent leurs fruits, l’opération « État d’urgence de l’eau » offre un répit indispensable aux populations. Son succès final ne se mesurera pas au nombre de rotations de citernes, mais bien à la capacité des autorités à faire couler de nouveau, et durablement, l’eau potable directement au robinet des Librevillois.
Christelle Besseghe



