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Gabon/Lutte contre la vie chère : le mirage des marchés itinérants de la Centrale d’achat  

Gabon/Lutte contre la vie chère : le mirage des marchés itinérants de la Centrale d’achat  

AFRICALEADNEWS – (Gabon) La Centrale d’achat du Gabon a organisé un méga marché sur l’esplanade de la Setrag à Owendo les 27 et 28 juin 2026 pour proposer des produits de première nécessité à prix réduits, une initiative saluée par le gouvernement mais qui peine à masquer l’absence d’une solution durable contre l’inflation.

Les habitants de la commune d’Owendo ont pris d’assaut le site pour s’approvisionner à moindre coût, cherchant un soulagement substantiel face à des prix qui explosent chaque jour dans les supermarchés. Ce succès populaire fait suite aux étapes d’Akanda, Nzeng-Ayong et Port-Gentil, qui ont déjà suscité l’enthousiasme des populations locales.

Preuve de l’importance politique du sujet, le président de la République, lors de son adresse devant le parlement réuni en congrès le 15 juin 2026, a lui-même apporté des corrections en demandant de limiter les quantités par acheteur. Cette mesure vise explicitement à empêcher les détaillants des quartiers de vider les stocks pour leur propre compte. Pourtant, derrière l’effervescence de cette journée, le fond du problème reste entier : on ne lutte pas contre la vie chère avec des opérations de circonstance.

Cette méthode pose une question fondamentale sur le rôle de la Centrale d’achat, dont la mission première n’est pas de s’improviser vendeur au détail sur les places publiques. L’attente des populations et des acteurs économiques portait sur une structure de gros, capable de ravitailler l’ensemble des commerçants du pays à des tarifs préférentiels. C’est uniquement par ce mécanisme que les prix auraient pu baisser de manière uniforme et permanente dans tous les magasins de proximité. En encadrant les files d’attente pour exclure les boutiquiers, l’exécutif valide une déviation de l’outil public : au lieu d’alimenter le circuit commercial global pour stabiliser le marché national, la Centrale d’achat le court-circuite.

La politique du coup d’éclat montre rapidement ses limites face à une crise structurelle. Les ménages gabonais ne peuvent pas calquer leurs besoins nutritionnels quotidiens sur l’agenda d’une caravane itinérante, aussi populaire soit-elle. Pour que le soulagement soit réel et équitable, l’accès aux produits abordables doit s’inscrire dans la normalité des boutiques de bas de porte, et non dépendre de mesures d’exception qui s’éteignent dès que les tréteaux du marché sont repliés.

Vigny Ngami-Tsiba

Africaleadnews

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