
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Lors du lancement officiel du Syndicat des Sentinelles de l’Éducation au Gabon (SYSEG) le 13 juin 2026 à Libreville, sa Coordinatrice générale, Augustine Raïssa Ngoma, a frontalement attaqué le bilan social du gouvernement dans le secteur éducatif. Fustigeant des réformes purement virtuelles et déconnectées du quotidien des classes, elle lie désormais la dignité du corps enseignant à la souveraineté même du développement national.
La dirigeante syndicale a mis en exergue la contradiction majeure entre les ambitions de développement du pays et la réalité administrative vécue par les personnels encadrants. Portant la voix des catégories les plus exposées, elle a fustigé la lenteur de l’État face aux détresses matérielles des enseignants. « Peut-on parler d’émergence quand ceux qui forment les élites de demain vivent dans la précarité administrative ? Peut-on rêver d’ascension sociale quand l’école elle-même est fragilisée par l’injustice ? » s’est interrogée Augustine Raïssa Ngoma.
Pour le SYSEG, la démoralisation des équipes pédagogiques constitue la principale menace pesant sur le système scolaire. Augustine Raïssa Ngoma a notamment rappelé l’insuffisance des mouvements précédents, à l’instar de la grève de décembre 2025 menée par SOS Éducation, qui n’a pas permis d’obtenir de révisions fondamentales. Elle a également rejeté le discours triomphaliste des autorités. « Quant aux prétendues « avancées significatives » brandies par le Gouvernement, elles ne résistent pas à l’épreuve du terrain. Ce que l’on présente comme des progrès n’est, pour beaucoup d’enseignants, qu’une illusion – une utopie administrative déconnectée de la réalité vécue » a-t-elle martelé.
En replaçant la condition de l’enseignant au cœur du pacte républicain, la coordinatrice générale a prévenu que l’organisation ferait de la dignité un principe non négociable. Le mouvement exige des actions urgentes avant la rentrée de septembre pour les enseignants bénévoles, la main-d’œuvre non permanente et les retraités, affirmant qu’une nation souveraine ne saurait abandonner ses serviteurs.
Christelle Besseghe



