Justice au Gabon : Geoffroy Foumboula s’oppose au « recours systématique » aux interpellations
Justice au Gabon : Geoffroy Foumboula s’oppose au « recours systématique » aux interpellations

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Le vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESE) et acteur civique influent, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, a réagi fermement, ce 16 avril 2026, à l’arrestation de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze. Tout en rappelant les principes de son projet de société, il plaide pour une justice qui privilégie la convocation à l’arrestation spectaculaire.
L’arrestation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), suscite de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile gabonaise. Interpellé le 15 avril 2026, l’ancien chef du gouvernement a été placé en garde à vue dans une unité de police judiciaire à la suite d’une plainte déposée par un citoyen. L’affaire porterait sur une dette présumée de 5 millions de francs CFA liée à une prestation de service durant son passage au gouvernement. Pour de nombreux observateurs, cette procédure interroge sur la persistance de certaines méthodes au sein de la Ve République.
Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, figure de proue de l’engagement citoyen et actuel vice-président du CESE, n’est pas resté silencieux. Fidèle à sa ligne pédagogique, il a rappelé que la restauration de l’État de droit, pilier central du projet de société « Bâtissons l’édifice nouveau », exige une justice équitable et indépendante. « J’ai condamné et je condamnerai toujours le recours systématique aux arrestations au lieu des plaintes par voie d’huissier ou des convocations », a-t-il martelé, soulignant que l’efficacité d’une administration se mesure d’abord par son respect des procédures légales.
L’acteur civique a tenu à marquer une rupture nette avec les pratiques du passé. Tout en rappelant les arrestations brutales et les détentions extrajudiciaires qui ont marqué le magistère de ceux qui sont aujourd’hui interpellés, il refuse de céder à la politique de l’œil pour œil. Selon lui, le chef de l’État ne gagne rien, ni sur le plan politique ni diplomatique, à voir celui qui se définit comme son opposant derrière les barreaux pour une affaire de droit privé. Il précise d’ailleurs que si la dette est imputable au ministère, elle relève de la personne morale de l’État, mais que si l’engagement a été pris à titre personnel, le créancier est en droit de réclamer son dû sans que l’exécutif n’ait à interférer.
La sortie de Geoffroy Foumboula Libeka apparaît, par ailleurs, comme appel à la retenue et à la réforme des méthodes judiciaires. Pour lui, la convocation doit rester « reine » afin d’éviter que toute action judiciaire contre une personnalité de haut rang ne soit perçue comme une manœuvre politique. En demandant que la voie de la convocation soit privilégiée et qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze retrouve la liberté en attendant la suite de la procédure, il réaffirme que, dans le Gabon nouveau, nul ne doit être au-dessus de la loi, mais que la loi ne doit pas non plus être utilisée comme un instrument d’humiliation.
Vigny Ngami-Tsiba



