« Logique de la pierre au lieu du pain » : La charge de Bilie-By-Nze contre la dérive autoritaire au Gabon
« Logique de la pierre au lieu du pain » : La charge de Bilie-By-Nze contre la dérive autoritaire au Gabon

AFRICALEADNEWS – (Gabon) Dans une analyse virulente publiée le 10 avril 2026, Le président du parti de l’opposition Ensemble pour le Gabon dresse le bilan d’un pouvoir qu’il juge déconnecté des besoins sociaux et obsédé par la conservation du pouvoir par la force de la loi.
Depuis le coup d’État du 29 août 2023, le Gabon vivrait sous le joug d’une « logique de l’exclusion » qui ne dit pas son nom. C’est le constat amer dressé par Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui voit dans chaque texte législatif adopté — de la Charte de la Transition au nouveau Code de la nationalité — une stratégie de verrouillage progressif. Selon le président d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), le gouvernement substitue systématiquement des mesures répressives aux attentes vitales de la population. Utilisant une métaphore biblique, il interroge : « Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain » ?
Le contraste entre les priorités affichées par le régime et les souffrances des Gabonais est, selon l’ancien Premier ministre, flagrant. « Les Gabonais demandent de l’eau, on resserre sur eux l’étau de la censure. Ils demandent l’électricité, c’est la servilité qui leur est exigée », fustige-t-il. Alors que le peuple réclame la santé, l’emploi et la lutte contre la vie chère, l’agenda gouvernemental se concentrerait exclusivement sur les verbes « contrôler, interdire, censurer, intimider, emprisonner ». Cette cohérence implacable dans les textes législatifs viserait, d’après lui, à diviser les citoyens et à « écarter ceux qui dérangent » au profit de ceux qui s’alignent.
Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, cette dérive institutionnelle vise à consacrer une forme d’« intouchabilité » du sommet de l’État, comparable à celle des monarchies absolues. Il dénonce une mainmise sur l’économie nationale où les marchés publics seraient réservés aux « seuls copains, coquins et consanguins ». Cette stratégie de verrouillage, désormais étendue au domaine numérique, ne serait que le masque d’un pouvoir qui gouverne par la peur. « Gouverner, ce n’est pas craindre son peuple. C’est lui faire confiance », rappelle-t-il avec force, opposant la figure du citoyen libre à celle de l’individu sous tutelle.
Face à ce qu’il qualifie de basculement dans le contrôle plutôt que dans l’ordre, l’ancien chef du gouvernement appelle à une prise de conscience nationale. Selon sa position, l’histoire jugera aussi bien ceux qui manœuvrent que ceux qui approuvent ces restrictions. En exhortant les Gabonais à « rester debout », il affirme que la radicalisation d’un peuple est souvent le fruit de son exclusion et de son silence forcé. Pour l’opposant, le Gabon ne mérite pas d’être mis sous écoute, mais d’être dirigé par une gouvernance qui construit un avenir digne pour tous ses enfants.
Vigny Ngami-Tsiba


