Médias : le Gabon fait entrer la HAC dans l’ère de l’expertise numérique
Médias : le Gabon fait entrer la HAC dans l'ère de l'expertise numérique

Le paysage médiatique national entame une mue historique avec la publication récente de l’Ordonnance n°0013/PR/2026, actant une réorganisation structurelle sans précédent de l’autorité de régulation.
L’information est consignée dans le numéro 110 du Journal Officiel. L’Ordonnance du 26 février 2026 portant réorganisation de la Haute Autorité de la Communication (HAC) redéfinit intégralement les critères de désignation de ses membres. Si l’institution conserve son format de neuf membres, la répartition des profils marque une rupture nette avec le passé, privilégiant désormais une expertise multisectorielle pour répondre aux défis de la convergence technologique.
L’article 5 de cette ordonnance détaille une architecture précise où le pouvoir de nomination est équitablement réparti entre l’exécutif et le législatif. « La Haute Autorité de la Communication comprend neuf membres désignés comme suit : trois par le Président de la République, à savoir un journaliste, un juriste spécialiste en droit du numérique et une personnalité ayant honoré les services de l’Etat », dispose le texte. Cette volonté de diversification se poursuit au parlement. Le président du Sénat devra choisir « un journaliste, un professionnel de la cinématographie et un professionnel de la publicité », tandis que le président de l’Assemblée nationale désignera « un journaliste, un professionnel en gestion des réseaux sociaux et plateformes numériques et un professionnel des Télécommunications ».
Cette disposition constitue une profonde réforme de la HAC qui repose désormais sur des profils plus techniques, en phase avec les évolutions actuelles en matière de communication. Il s’agit d’un tournant majeur pour le régulateur. Pour la première fois de son histoire, des juristes spécialisés en droit numérique et des experts en gestion des réseaux sociaux font leur entrée officielle au sein du collège. Jusqu’à présent, seuls les professionnels de la presse écrite, radio ou audiovisuelle étaient sollicités au sein de cette autorité administrative indépendante.
En intégrant des spécialistes des télécommunications et de la publicité aux côtés des journalistes, l’institution se dote enfin des outils intellectuels nécessaires pour encadrer un écosystème numérique devenu prépondérant.
Vigny Ngami-Tsiba



