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Gabon : « Le Gabon se porte très bien », Laurence Ndong entre autosatisfaction et déni des réalités sociales

Gabon : « Le Gabon se porte très bien », Laurence Ndong entre autosatisfaction et déni des réalités sociales

AFRICALEADNEWS – (Gabon) L’optimisme affiché par la ministre de la Fonction publique sur le plateau de TV5 Monde, récemment, passe mal auprès d’une population confrontée à une dégradation continue de son niveau de vie. Si la transition puis l’élection de 2025 ont marqué une rupture politique, le quotidien des Gabonais, lui, reste prisonnier d’urgences sociales que les chiffres de régularisation administrative peinent à masquer.

« Le Gabon se porte très bien », a affirmé Laurence Ndong avec une assurance qui a de quoi laisser pantois plus d’un citoyen à Libreville ou à l’intérieur du pays. Si l’on peut concéder à la ministre que « le Gabon va beaucoup mieux qu’avant août 2023 » sur le plan des libertés et de la relance de certains grands travaux, l’affirmation d’une santé florissante du pays se heurte brutalement à la réalité des foyers. Entre coupures d’électricité intempestives et stress hydrique chronique, l’accès aux services de base demeure un luxe pour beaucoup. Dans de nombreuses villes, le bidon est resté le fidèle compagnon de Gabonais privés d’eau potable, illustrant une fracture que les discours de refondation ne parviennent pas encore à combler.

Une fracture sociale entre béton et bien-être

Le malaise est d’autant plus profond que le système de protection sociale, autrefois fleuron national, vacille. La Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) traverse une zone de turbulences sans précédent. Dans les officines, le constat est amer : de nombreuses pharmacies ont suspendu leur contrat avec l’institution, refusant systématiquement les ordonnances. Le scénario est identique dans plusieurs cliniques privées, rendant l’accès aux soins de plus en plus hypothétique pour les plus démunis. Face à cette précarité sanitaire, l’assurance de la ministre semble ignorer que la qualité de vie ne se mesure pas seulement au nombre de carrières dégelées, mais à la capacité d’un parent à soigner son enfant sans s’endetter.

Sur le front de l’éducation, le tableau n’est guère plus reluisant malgré les annonces de trêve. L’école à double vitesse s’installe durablement : si certains établissements ont repris, rien n’est à 100% et de nombreux élèves attendent toujours de retrouver le chemin normal des cours. « Il y en a que ça arrange probablement de faire croire au monde entier que le Gabon ne va pas bien », a pourtant soutenu la ministre, balayant d’un revers de main les inquiétudes légitimes des familles. Cette posture occulte le fait que le niveau de vie est l’indice de développement le plus scruté par les populations.

L’illusion du développement par les infrastructures

Certes, les efforts du président Brice Clotaire Oligui Nguema sont visibles à travers les chantiers routiers et les réhabilitations de bâtiments publics. Mais bâtir un pays ne se limite pas à couler du béton. L’impact réel de ces investissements sur le pouvoir d’achat et le panier de la ménagère, étranglé par la vie chère, reste à démontrer.

En affirmant sans ambages que tout va pour le mieux, le gouvernement prend le risque de se déconnecter d’une base sociale dont l’espoir né en août 2023 s’érode face à la cherté du quotidien. Le Gabon de l’après-transition avance, certes, mais pour le citoyen lambda, le chemin vers le bien-être promis semble encore semé d’embûches que la rhétorique officielle ne saurait effacer.

Vigny Ngami-Tsiba

 

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