
AFRICALEADNEWS – (Congo-Kinshasa) Dans la capitale éthiopienne, Félix Tshisekedi et Antonio Guterres ont parlé de paix durable en RDC à l’ouverture du 39e Sommet des chefs d’État et de gouvernements de l’Union africaine. Mais combien de fois la paix a-t-elle déjà été convoquée dans les salons diplomatiques, sans jamais descendre jusqu’aux collines ensanglantées du Nord-Kivu ?
Le président congolais a insisté sur l’urgence d’un appui technique crédible de la Monusco, pour garantir le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. Une exigence légitime, mais qui révèle aussi une fragilité : sans soutien extérieur, Kinshasa peine à imposer seule le respect de ses engagements. L’ONU, de son côté, promet son appui, salue l’entrée de la RDC au Conseil de sécurité, et loue le multilatéralisme. Mais les populations déplacées, elles, n’attendent pas des louanges : elles attendent des actes.
La rencontre entre Tshisekedi et Guterres illustre une contradiction persistante : l’Afrique parle de souveraineté et de solutions endogènes, mais continue de dépendre des mécanismes internationaux pour garantir sa sécurité. Le risque est grand que ce dialogue reste une vitrine diplomatique, une belle photo de sommet, sans impact réel sur le terrain.
La paix en RDC ne se mesurera pas au nombre de résolutions adoptées ni aux déclarations solennelles. Elle se mesurera à la capacité de protéger les civils, de désarmer les groupes armés, de restaurer la confiance entre voisins. Tant que ces actes ne suivent pas, les discours resteront des incantations.
Addis-Abeba aura marqué une convergence de mots. Mais l’histoire jugera sévèrement si ces mots ne se transforment pas en actes concrets. Car pour les Congolais de l’Est, la paix n’est pas une formule diplomatique : c’est une urgence vitale.
Bona Masanu



