
AFRICALEADNEWS – (Congo-Kinshasa) La République démocratique du Congo a profité de la vitrine du African Mining Indaba, à Cape Town, pour réaffirmer son ambition : ne plus être seulement un réservoir de minerais, mais devenir une puissance industrielle incontournable de la transition énergétique.
En marge de la clôture du forum, la BGFIBank RDC a organisé, le jeudi 12 février, une édition spéciale de BGFIMasolo. Plus d’une centaine d’entrepreneurs congolais de la diaspora, actifs en Afrique du Sud, y ont pris part. Cette rencontre stratégique a confirmé un besoin fort d’accompagnement, de structuration et de conseils pour investir et développer durablement leurs activités en RDC.
Kinshasa a annoncé sa volonté de transformer localement ses ressources stratégiques — cobalt, lithium, cuivre — afin d’alimenter la chaîne mondiale des batteries électriques. Un accord conclu avec les États-Unis vient renforcer cette orientation, en consolidant la souveraineté congolaise sur ses minerais et en ouvrant la voie à une industrialisation locale. Pour les autorités congolaises, ce geste diplomatique est aussi un signal politique : la RDC refuse de rester prisonnière du rôle de simple fournisseur brut et entend peser dans la transition énergétique mondiale.
Cette ambition s’inscrit toutefois dans un contexte régional tendu. Les relations avec le Rwanda, accusé de soutenir des groupes armés dans l’Est de la RDC, compliquent la stabilité nécessaire à un tel projet. En affichant ses choix industriels à Cape Town et en scellant un accord avec Washington, Kinshasa cherche à se donner des alliés solides et à transformer ses ressources en levier de puissance.
La RDC veut ainsi passer du statut de pays minier à celui d’acteur industriel. Mais la réussite de cette stratégie dépendra de sa capacité à sécuriser ses territoires, à stabiliser ses institutions et à garantir que cette industrialisation profite réellement aux populations.
Bona Masanu



