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Niamey et Paris sur le pied de guerre

Niamey et Paris sur le pied de guerre

AFRICALEADNEWS – L’escalade verbale entre le Niger et la France vient de franchir un nouveau palier symbolique, transformant la rupture diplomatique en une menace de confrontation armée directe. Devant une foule galvanisée au stade de Niamey le 11 février, les autorités de transition ont officiellement appelé la jeunesse à se mobiliser pour un conflit qu’elles présentent désormais comme inévitable.

Cette montée de tension s’est cristallisée lors d’un rassemblement massif où le général Amadou Ibro, chef d’état-major particulier du président de la transition, a pris la parole pour préparer les esprits à l’affrontement. « Cette mobilisation, elle est faite, elle est décrétée afin qu’on se prépare pour la guerre avec la France », a-t-il lancé face à des milliers de jeunes manifestants. Pour ce haut gradé, la rupture consommée depuis le putsch de juillet 2023 ne suffit plus, affirmant sans détour : « Sachez-le, on va entrer en guerre avec la France, on n’était pas en guerre, c’est maintenant qu’on va en guerre avec la France ».

Le régime nigérien appuie cette rhétorique sur des accusations graves de déstabilisation. Le général Aboudrahamane Tiani a notamment désigné Paris, ainsi que Porto-Novo et Abidjan, comme les argentiers d’une attaque ayant visé l’aéroport de Niamey le 29 janvier dernier. Dans ce narratif de souveraineté, la France est non seulement accusée de soutenir des groupes armés, mais aussi d’avoir historiquement pillé les ressources nationales. La récente nationalisation de la Somaïr, filiale du groupe nucléaire Orano, marque d’ailleurs le point d’orgue de ce divorce industriel et économique.

Du côté de l’Hexagone, la réaction se veut pragmatique et rejette fermement ces allégations de velléités guerrières. L’état-major français, par la voix du colonel Guillaume Vernet, assure « qu’il n’est pas question d’intervention » au Niger. Pour Paris, ces déclarations incendiaires relèvent manifestement de la guerre informationnelle destinée à souder la population derrière la junte.

Malgré le départ des derniers soldats français fin 2023, le Niger persiste à voir en l’ancienne puissance coloniale la source de ses maux, au point de transformer une crise politique en un tambour de guerre.

Reste à savoir si cette mobilisation générale se traduira par des actes concrets sur le terrain ou si elle demeurera un outil de communication politique pour un régime en quête de légitimité populaire face aux pressions internationales.

Vigny Ngami-Tsiba

Africaleadnews

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