
AFRICALEADNEWS – (Gabon) Ancien candidat à l’élection présidentielle, le Docteur Stephane Germain Iloko Boussengui sort du silence pour fustiger les attaques visant le leader de l’opposition constitutionnelle. Dans une tribune sans concession ce 10 février, il met en garde contre la falsification de l’histoire électorale du Gabon et interroge la légitimité d’un score de 95 % dans une démocratie.
Depuis plusieurs jours, les soutiens du pouvoir en place multiplient les sorties pour contester au président d’Ensemble pour le Gabon, Alain Claude Bilie-By-Nze, son statut de chef de file de l’opposition, arguant de son faible score lors du dernier scrutin. Une stratégie que le Dr Iloko Boussengui qualifie d’artillerie disproportionnée visant à « essayer de discréditer à tout prix ce dernier, ses propos et tenter d’éteindre le feu qui embrase l’opinion ».
L’ancien candidat à la magistrature suprême rappelle avec ironie que les règles du jeu sont définies par les textes fondamentaux et non par l’humeur des partisans. « S’il y a un leader de l’opposition par le fait du faible score enregistré par ce dernier c’est votre constitution qui le prévoit, relisez-la attentivement », souligne-t-il, avant d’ajouter que si l’on persiste sur cette voie, « la conséquence logique est qu’il n’y aurait pas de président élu par le même fait du score 95% ». Pour lui, un tel résultat, digne des scores à la soviétique, « interroge » nécessairement dans le cadre d’une élection démocratique.
Un rappel historique face au « révisionnisme politique »
Pour contrer les arguments de la majorité qui s’appuie sur les scores historiques de 1993, 2009 ou 2016, le Dr Iloko Boussengui procède à un rappel historique sans concession. Il évoque notamment l’élection de 1993, où les résultats furent proclamés alors que le dépouillement se poursuivait, se demandant si le score attribué à l’opposition de l’époque « était bien celui sorti des urnes ». Revenant sur 2009, il pointe du doigt les manipulations de la Cour constitutionnelle qui avait, selon lui, modifié l’ordre des poursuivants d’Ali Bongo Ondimba car l’un des candidats était « jugé moins virulent ».
L’analyse se veut une mise en garde contre le révisionnisme politique. « Non il ne faut pas falsifier l’histoire pour se donner un bon rôle ou pour justifier l’injustifiable », martèle l’ancien candidat. Il estime que nier le statut de leader de l’opposition au deuxième de l’élection, sous prétexte de son score, est une démarche à la fois « dangereuse et contre-productive ». Selon son analyse, la fluidité apparente de la dernière élection cache un malaise profond. « À votre place l’opposition serait triste parce qu’on ne peut pas en temps normal accepter ce qui a été accepté sans la moindre contestation par les 7 candidats », explique-t-il, évoquant un « silence assourdissant » qui pourrait laisser supposer une consigne ou une compensation.
Iloko Boussengui invite la majorité présidentielle à se concentrer sur l’action publique plutôt que sur la polémique. Il décrit une majorité qui « vacille, qui trébuche, qui se cherche » face à une opposition désormais « responsable et dynamique ». Pour lui, le message est clair : si l’existence d’une voix discordante dérange le pouvoir, la seule réponse valable consiste à « chercher à faire correctement ce pourquoi vous avez été plébiscité ».
Vigny Ngami-Tsiba



