A la uneEnvironnement

Gestion du plastique au Sénégal : « Un problème de civilisation », le constat sans gant du Dr Abdourahmane

Gestion du plastique au Sénégal : « Un problème de civilisation », le constat sans filtre du Dr Abdourahmane

 

Dakar, décembre 2025 — Lors d’un atelier d’évaluation de la loi sur le plastique, le Dr Abdourahmane a livré un réquisitoire poignant sur l’échec des politiques environnementales successives. Entre impasses économiques, blocages juridiques et crise de la citoyenneté, il appelle à dépasser les simples textes législatifs pour un véritable sursaut national.

L’illusion de la loi : Quand le texte se heurte au réel

Depuis 2015, le Sénégal tente de légiférer pour éradiquer le péril plastique. Pourtant, le constat du Dr Abdourahmane est amer : la loi n’est pas une solution magique. Si elle ne s’applique pas, ce n’est pas par manque de volonté, mais par manque de réalisme.

« Nous montrons que la loi n’est pas une solution complète », a-t-il affirmé. Il a notamment pointé du doigt les « instances de changement » — ces blocages sociaux, juridiques et économiques qui paralysent l’action publique. L’exemple le plus frappant reste celui de l’article 4 concernant l’eau en sachet : une interdiction abrupte menacerait des unités industrielles entières sans offrir d’alternative immédiate.

L’économie circulaire comme mesure d’accompagnement

Pour le Dr Abdourahmane, la nouvelle législation doit impérativement s’accompagner de solutions concrètes. Le salut ne viendra pas de la répression seule, mais de la création d’une véritable filière de valorisation des déchets.

  • Recyclage et régénération : Transformer le plastique en ressource.
  • Unités industrielles durables : Créer des emplois verts grâce au soutien de projets internationaux, notamment ceux financés par l’ONU.
  • Transition progressive : Accompagner les industriels vers des modèles respectueux de l’environnement plutôt que de les condamner à la fermeture.

Le « Paradoxe du Salon » : Un défi de civilisation

L’intervention a pris une dimension sociologique forte lorsque l’orateur a comparé le Sénégal au Rwanda. Si le Rwanda réussit là où le Sénégal échoue, ce n’est pas parce que leur loi est meilleure, mais parce que le comportement humain y est différent.

Le Dr Abdourahmane a soulevé une contradiction culturelle majeure : « Pourquoi dans ce pays, toutes les maisons sont propres, tous les salons sont propres, mais la rue est sale ? ». Ce constat met en lumière une crise du « bien commun ». Le citoyen sénégalais prend soin de son espace privé, mais semble se désintéresser de l’espace public, le laissant crouler sous le plastique. « C’est une question de civilisation, de conduite », a-t-il martelé.

Briser le cycle des « ateliers sans fin »

La crainte du Dr Abdourahmane Diouf est de voir l’histoire se répéter. Il a exprimé son regret d’avoir « échoué » à briser le cycle des lois inapplicables. Son message aux décideurs est clair : il faut éviter qu’un nouveau ministre ne se retrouve, dans cinq ans, à organiser le même atelier pour constater les mêmes échecs.

Le défi n’est plus seulement de rédiger des lois, mais de transformer radicalement notre rapport à l’environnement et à la cité. Le Sénégal est à la croisée des chemins : soit il entame cette révolution comportementale, soit il restera, selon ses mots, un « pays plastique ».

 

Africaleadnews

www.africaleadnews.com: Votre site pour la PROMOTION DU LEADERSHIP AFRICAIN

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page